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Publié le 30/04/2003

"Tigane"de Guy Gavriel KAY

["Tigana", 1990]

ED. FRANCAISE 1998, REEDITION J’AI LU, 2003

Par Ubik

L’Histoire reste une source inépuisable d’inspiration quoi que disent les idéologues ultra-libéraux sur sa prétendue fin. Les littératures alternatives du réel et en particulier la fantasy en sont une manifestation indéniable. Steampunk, uchronie, anticipation [parce qu’elle cherche à prédire l’Histoire]... on ne compte plus les auteurs qui puisent ouvertement ou non dans ce patrimoine commun de l’Humanité.

C’est dans cette veine que Guy Gavriel KAY s’inscrit en nous offrant avec "Tigane" un roman qui lorgne très clairement vers la péninsule italienne pendant la Renaissance.


En effet, à l’instar de l’Italie du XVème siècle, la péninsule de la Palme est divisée en provinces très attachées à leur liberté et à leur indépendance. Une culture brillante s’appuyant sur le commerce et des princes mécènes s’y est développée attirant la convoitise de ses voisins : l’Empire de Barbadior et le royaume d’Ygrath.

Comme sa copie historique, la Palme subit l’invasion et l’infamie d’une occupation tyrannique. Le roman s’ouvre d’ailleurs par la défaite de la Tigane, la plus fière des neuf provinces qui refuse de s’incliner devant l’envahisseur. Comme Carthage, la Tigane doit être détruite car sa résistance a entraîné la mort du fils préféré du roi d’Ygrath et, comme celui-ci est magicien, il choisit de parachever sa vengeance en effaçant de la mémoire et de l’Histoire, l’existence même de cette province. Désormais, c’est non seulement pour leur liberté que luttent les rescapés de la Tigane mais également pour leur identité.


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Le raisonnement de KAY est habile. Il nous permet de comprendre qu’une civilisation ne se définit pas uniquement par sa puissance matérielle mais également par l’image qu’elle transmet et par le rayonnement de ses réalisations passées.

L’intrigue peut sembler un peu paresseuse à certains moments, mais la chute inattendue compense largement l’attente du lecteur.

"Tigane" est une lecture tout à fait recommandable.