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Publié le 01/01/2005

Toi l’immortel de Roger Zelazny

[This immortel, 1965]

Réed Gallimard - FolioSF, Janvier 2005

Par K2R2

Dans sa très grande entreprise de réédition du catalogue de la défunte collection Présence du futur, Folio SF nous propose en ces fêtes de fin d’année Toi l’immortel, de Roger Zelazny. Le lecteur néophyte qui entreprendrait l’achat de ce roman sera sans doute sensible au fait qu’il reçut, peu après sa publication en 1966, le prix Hugo à égalité avec le célèbre Dune de Franck Herbert. Signe de qualité ? C’est bien ce que nous allons voir.


PRIX HUGO 1966


Premier roman de Roger Zelazny [qui avait déjà raflé deux NEBULA pour des textes courts], Toi l’immortel a le mérite d’avoir un background pour le moins fouillé, du moins à première vue. Alors que la Terre n’est plus qu’un vaste champ de ruines, suite à une tragique guerre atomique, les survivants se répartissent tant bien que mal sur ce qui reste de terres habitables, tandis que les plus aisés sont partis vers les étoiles et la confédérations des Végans, des extraterrestres humanoïdes qui considèrent désormais la Terre comme un vaste musée.

Au milieu de ce joyeux bazar, Conrad Nomikos, un homme dont l’âge se perd dans les méandres obscurs de la guerre des Trois Jours. Conrad a traversé les décennies sans que le temps n’ait véritablement d’emprise sur lui, sans doute un héritage mutagène qu’il doit à la radioactivité mortelle de nombreuses régions. Toujours est-il que cet homme est devenu un héros au fil du temps, changeant d’identité pour garder un certain anonymat et désormais employé par le gouvernement comme conservateur des ruines de la Terre.

C’est à ce titre que les autorités exsangues de la planète le chargent de guider Cort Myshtigo, un Végan venu visiter les décombres de notre civilisation. Mais le voyage touristique se complique rapidement lorsqu’on tente de porter atteinte à la vie de Conrad, puis peu de temps après, à celle du Végan. Les motivations de ce dernier semblent bien plus complexes qu’il ne veut bien l’avouer ; les Végans auraient-ils un plan diabolique pour s’emparer de ce qui reste de la Terre ?

Lors d’une interview, Roger Zelazny avoua qu’il ne faisait jamais de plan, «  j’ai en tête quelques personnages et quelques événements qui vont se produire et je commence à écrire très lentement, puis, à mesure que j’avance dans l’histoire, l’interaction des personnages suggère de nouvelles situations qui arriveront plus tard dans le récit, jusqu’au moment où l’univers est complet et se développe le long de ses propres lignes de direction ». Nul autre que lui ne saurait donc mieux définir les problèmes de ce roman.

L’impression qui se dégage à la lecture de Toi l’immortel est celle d’un roman très imparfaitement maîtrisé et pourtant on y sent comme la promesse d’un écrivain en devenir. La narration est très inégale, la première partie du roman est extrêmement bavarde, voire même ennuyeuse, les personnages s’enchaînent sans réellement que l’auteur s’attarde sur l’un d’eux de façon approfondie. Autant dire que leur profil psychologiques est plus que mince.

L’avantageux arrière-plan historique imaginé par Zelazny est trop peu mis en avant, on sent bien que l’auteur imaginait un univers plus ambitieux, sans pour autant réussir à l’imposer réellement au lecteur. Les retours historiques proposés par l’auteur n’apportent que rarement des éléments intéressants à l’histoire, pire certains personnages ou certains événements apparaissent sans réelle cohérence avec l’action en cours ; comme autant d’éléments rapportés au fil de l’imagination débridée de Zelazny.

Pour résumer, ce cher Roger écrit comme il pense, vite, sans véritablement de plan préétabli, sans cohérence narrative. Cela se ressent davantage dans la seconde partie du roman, où le bavardage lénifiant laisse place à une action débridée et parfois même grotesque. Le style de Zelazny est assez inégal, correct, mais sans véritablement convaincre.


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Que reste-t-il pour sauver ce roman d’un ratage complet ? Pas grand chose à vrai dire, sinon que "Toi l’immortel" se lit vite, environ trois heures montre en main. On se demande encore comment ce roman a pu obtenir le prestigieux prix HUGO...