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Publié le 14/05/2008

Tolkien et le Moyen Age sous la direction de Léo Carruthers

ED. CNRS, NOV 2007

Par K2R2 Par Erispoe

Tolkien c’est une peu la tarte à la crème de la fantasy, le rouleau compresseur qui écrase la concurrence, l’arbre qui cache la forêt ou bien encore la planche à billets des éditeurs en mal d’inspiration..... au choix ou alors tout cela à la fois. L’exploitation du phénomène littéraire qu’est le Seigneur des anneaux a quelque chose d’agaçant, surtout lorsque les éditeurs en sont amenés à racler les vieux fonds de tiroir moisis afin de dénicher quelques feuillets originaux qui n’ont pas encore été publiés, avec la bénédiction de Christopher TOLKIEN bien évidemment ; ajoutez à cela la paralittérature sur le sujet, qui abonde plus que de raison (Précis de grammaire elfique, bestiaires en tous genres, encyclopédies illustrées de la Terre du milieu, monographies sur Tolkien, .... ) et vous obtiendrez une bonne indigestion genre tolkienite aiguë. Et si vous n’en avez toujours pas assez, vous pourrez toujours compter sur les produits dérivés, qui doivent à vue de nez concurrencer à hauteur équivalente l’univers étendu de Starwars.


Malgré tout, il arrive que certains ouvrages sortent du lot et trouvent grâce aux yeux des fans, ou des lecteurs qui ont encore les yeux en face des trous pour déjouer les stratégies de nos amis commerciaux adeptes du clonage littéraire à répétition. Eh bien, histoire de vous casser le moral, sachez que cette fois nous n’avons pas tiré le bon numéro. Caramba ! C’est encore raté amigo.

Pourtant, l’ouvrage, intitulé audacieusement Tolkien et le Moyen-Age partait avec un certain nombre d’atouts en main. Premièrement, l’éditeur inspirait un certain degré de confiance : a priori le CNRS n’est pas de ces éditeurs qui surfent honteusement sur la vague de la fantasy héroïque afin de se faire un peu d’argent facile.
Deuxièmement, l’ouvrage est issu de travaux universitaires dirigés par un professeur de la Sorbonne, ce qui là aussi laissait augurer du meilleur. Il y avait bien cette illustration de couverture [l’affiche du Retour du Roi de Peter Jackson] qui jurait un peu, mais après tout on ne peut pas tout à fait en vouloir à l’éditeur d’essayer d’accrocher le lecteur par une couverture attrayante.

Tolkien et le Moyen-Age regroupe donc une douzaine d’articles rédigés par des étudiants de troisième cycle en littérature anglaise. Dès le départ, le titre nous induit donc en erreur de par la filiation historique qu’il semble indubitablement contenir. En réalité, il s’agit pour les auteurs de démontrer les multiples ramifications qui rattachent l’oeuvre de Tolkien à un certain nombre de thématiques médiévales [héritage culturel, organisation sociale, décorum].
L’entreprise est ambitieuse, mais l’on sait déjà que Tolkien était un linguiste chevronné et qu’il a puisé pour construire son oeuvre une grande partie de son inspiration dans le passé de la Grande Bretagne, la mythologie nordique ou bien encore les grands textes fondateurs de la littérature médiévale. Son entreprise avait quelque chose d’utopique et de profondément romanesque [voire romantique] dans le sens où il cherchait à créer une véritable mythologie anglo-saxonne.
Hélas, les lecteurs déjà au fait de ces éléments n’en apprendront pas beaucoup plus dans cet ouvrage, qui se contente en général d’effleurer chaque thématique. Globalement, le niveau est assez faible et ce livre souffre à mon sens d’un positionnement commercial complètement bancal. Pas assez fouillé pour intéresser les véritables exégètes, mais trop éloigné des préoccupations du lecteur lambda pour espérer le rallier à sa cause, cet ouvrage ne satisfera personne. Très symptomatique de cette approche, citations et extraits de l’oeuvre de Tolkien ne sont pas systématiquement traduits en français, ce qui n’est pas forcément rédhibitoire mais fait tout de même un peu tache.
Quant à la bibliographie générale, qui n’a ni queue ni tête, elle aurait certainement gagné à être davantage travaillée.


Bref, un ouvrage à oublier au plus vite et que nous ne saurions conseiller. CNRS Editions dispose d’un catalogue de qualité et suffisamment riche sans que l’on s’encombre de tolkieneries sans intérêt.