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Publié le 04/05/2007

« Transgression », les Guerres Wess’har T2. de Karen TRAVISS

[« Crossing the Line », OCT. 2004]

ED. BRAGELONNE SF, AVRIL 2007

Par eleanore-clo

Ce deuxième volume de la trilogie des guerres Wess’har nous conte la suite des aventures de Shan et d’Aras. La compréhension de l’ouvrage nécessite une lecture préalable de « La cité de perle », le tome 1 [« City of Pearl », FEV. 2004] paru à la rentrée 2006 chez le même éditeur.


Les différentes espèces Sapiens s’opposent de plus en plus ouvertement et la planète Beser’j est devenue un enjeu vital. Les Isenj recherchent de nouveaux espaces pour résoudre leur problème de surpopulation. Les paisibles Berezi craignent pour leur fragile écosystème. Les Humains veulent obtenir les technologies Isenj et se déchirent sur le parasite, C’naatat, qui amène l’immortalité à ceux qu’il contamine. Les Wess’har semblent plus raisonnables, repliés sur une vie paisible, mais dans les entrepôts dorment des armes fabuleuses...
Shan a tourné le dos à l’espèce humaine et recherche l’amour d’Aras. De plus, elle décide de conseiller militairement les Wess’har. De son côté, Lindsay souhaite détruire la C’naatat et recourre aux armes les plus puissantes ce qui nous vaut le titre du livre ! La guerre menace désormais et nul doute que le 3ème tome ne débouchera sur un Armageddon cosmique.

« Transgression » se rattache résolument à la veine du Nouveau Space Opera. L’amateur y trouvera donc les qualités et défauts du genre. Les qualités sont bien connues, les défauts beaucoup moins...
On ne peut donc que regretter l’apologie permanente de la violence, seul moyen efficace de résoudre les problèmes, la banalisation et la totale justification du meurtre comme méthode de négociation [!], la fin justifiant les moyens,... Ancienne correspondante de guerre sur le conflit des Malouines, l’auteur prend heureusement un peu de recul par rapport aux dogmes du NSO et souligne que les exécutions engendrent immanquablement des effets collatéraux, que les bons ne sont pas si bons que cela,... Lindsay illustre parfaitement cette dialectique : héroïne plutôt positive dans « La cité de Perle », elle décide [auto mandatée au nom de l’humanité !] en son âme et conscience [!] que les bouleversements qu’apporterait la C’naatat menaceraient l’ordre social humain. Elle décrète donc [dans sa grande bonté] de tuer son amie Shan porteuse du parasite (une source de contamination de moins !] puis d’éradiquer l’organisme à la source [à coup de bombes atomiques ! propres bien sûr car il faut rester entre gens « biens »]. La matriarche Charyas ne manque pas non plus d’un certain sens pratique puisqu’elle tire à bout portant sur Shan pour vérifier son immortalité et voir de visu si le parasite est capable de reboucher un GROS trou !
Comme dans tous les romans de NSO et d’une manière plus générale dans toute la SF actuelle, le pouvoir politique est au mieux inefficace et corrompu, au pire autocratique et liberticide. La presse, symbolisée ici par le sympathique Eddie, apporte heureusement la contradiction et la transparence. Il va décidément bien falloir que Montesquieu songe à réécrire l’Esprit des Lois !

Karen TRAVISS explore d’autres domaines, par exemple l’écologie, le féminisme ou encore les amours extraterrestres.
Concernant l’écologie, les Isenj préfigurent l’humanité [quoique je doute que nous soyons aussi prolifiques que des araignées extraterrestres mais bon !]. Le drame des Berezi rappelle celui des nombreuses espèces menacées par la disparition de leur habitat [mais que fait Nicolas Hulot ?!]. Un puissant féminisme sous-tend l’intrigue : l’action progresse au gré des décisions de Shan et Lindsay, la société Wess’har est matriarcale,... Les amours extraterrestres de Shan et d’Aras rappellent furieusement les grandes années Philip José FARMER. Nous sommes invité[e]s à franchir la porte de la chambre conjugale et découvrons que l’accouplement entre une humaine et un hippocampe géant n’est pas techniquement simple ! Heureusement la C’naatat ...

La narration progresse rapidement. Les dialogues apparaissent souvent trop fournis au point qu’il faut parfois s’astreindre à mettre un nom derrière chaque tiret cadratin pour savoir qui a dit quoi...

Les personnages manquent quelque peu de profondeur et leurs motivations restent nébuleuses. Le ralliement de Shan à la cause Wess’har est inexplicable pour une personne ayant consacré sa vie au respect de l’ordre et faisant preuve d’une morale d’acier. Le recours aux armes biologiques tombe aussi quelque peu abruptement : on pouvait espérer bien plus efficace d’une civilisation galactique !


A LIRE AUSSI : La critique du Tome 1 de ce cycle de Karen TRAVISS, « La cité de perle ».


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Quoiqu’il en soit, cet ouvrage se lit bien et les quelques 300 pages se parcourent rapidement. L’oeuvre se révèle au final assez riche et originale. Les défauts semblent être ceux d’un auteur en rodage auquel il faudra prêter attention dans les années à venir.