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Publié le 10/02/2006

Transparences d’Ayerdhal

ED. AU DIABLE VAUVERT, MAI 2004 - REED. LIVRE DE POCHE / THRILLER, JANV. 2006

Par Mr.C

Avec Transparences - publié en grand format en 2004 par son éditrice et amie, Marion Mazauric au Diable Vauvert - Ayerdhal élargit donc son champ d’investigation et déboule dans le roman noir, réédition au Livre de Poche / Thriller à l’appui. Avec la subtilité psychologique et la finesse d’esprit qui le caractérise, mais sans en sortir totalement indemne.


Ann X ne laisse aucune trace derrière elle. Pas d’objet, pas d’empreinte. Pas même un souvenir dans la mémoire de ceux qui l’ont croisée et sont encore vivants pour ne pas se le rappeler. D’ailleurs Ann X est bien capable, si l’envie lui en prend, de s’assoier à vos côtés à la terrasse d’un café sans même que vous remarquiez sa présence. Ann X - mais est-ce bien son nom ? - est transparente. Et le plus surprenant pour Stephen, le jeune psy d’Interpol lancé sur cette absence de traces, c’est qu’en réalité, elle existe.

A contrepied du polar de série, Ayerdhal surprend : son "enquêteur" est un type un peu paumé, à mille lieux des limiers blasés qui dégainent dans les polars de papa. Stephen ne sait pas où il met les pieds quand il s’intéresse à cette absente serial-killeuse et son "enquête", lente, méticuleuse, ne rebondit pas de coup de théâtre en coup de poing.

Ayerdhal n’est pas Maurice G. Dantec [que le Dieu de la SF nous en préserve d’ailleurs] et sa plume n’est pas moins efficace parce qu’elle est plus subtile. Simplement, la piste d’Ann X est plus psychologique que physique. C’est en cherchant à remonter jusqu’à ses origines, jusqu’aux traumatismes qui l’ont fait naître meurtrière à 12 ans, que Stephen va cerner... puis approcher Ann X. Et cela n’est que lé début de ses surprises.

Le seul défaut que l’on peut, toutefois, trouver au livre sont ces quelques longs dialogues entre psychologues, psychiatres et psychanalistes [! !] qui nous éloignent parfois du vif du récit et allongent le propos sans toujours convaincre.

Ayerdhal s’est beaucoup [trop ?] documenté pour écrire Transparences, en particulier sur ces sciences humaines. On sait [cf. l’interview de l’auteur] qu’il avait même, à l’origine, écrit beaucoup plus long encore... peut-être l’élaguage aurait-il pû être encore un peu plus sévère.


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Malgré ses longueurs, parce qu’il est précis comme une coupe anatomique, parce qu’il sabre avec élégance les ressorts du roman noir, parce que sa subtilité est un courant d’air frais dans les neurones, Transparences se lit avec enthousiasme.

Du polar français audacieux - et humaniste : ça se tente, non ?