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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par PAT
Pavé de 950 pages, "Trois automnes fantastiques" rassemble deux recueils de nouvelles ["L’homme illustré", "Le pays d’octobre"] et un court roman ["La foire des ténèbres"]. Le livre est gros, certes, mais il n’en est pas moins beau.
BRADBURY faisant, à juste titre, office de monstre sacré de la SF, la présence d’un tel bouquin dans une bibliothèque devrait être obligatoire pour tout fan qui se respecte.
Un constat curieux, dans la mesure où BRADBURY est aujourd’hui terriblement désuet. Quand il écrit " Ici la terre, nous nous adressons à la flotte d’invasion martienne ", il est impossible de ne pas sourire. Et pourtant, tout fonctionne. Pourquoi ? D’abord parce que BRADBURY écrit bien, ensuite parce qu’il est facile de faire abstraction de certaines petites choses pour se consacrer à l’essentiel : l’Humain. Car c’est bien ce dernier qui intéresse BRADBURY, " L’homme illustré " le prouve magnifiquement :
Tatouées sur la peau d’un artiste de cirque, les histoires sont révélées au lecteur peu à peu. Si l’on ne les retient pas toutes, force est de reconnaître que la plupart sont d’authentiques merveilles. BRADBURY y explore la folie, mais brode principalement autour de sa lente installation. Pourquoi, au juste, devient-on dingue ? Quel est le facteur déclenchant ? Et surtout, quelles en sont les conséquences ?
" Ni un soir ni un matin " y répond en partie, en mettant en scène un membre d’une expédition spatiale dont la santé mentale se désagrège au contact de l’immensité. La réalité disparaît peu à peu, et seul l’espace acquiert une existence tangible.
Plus loin, on trouve des nouvelles " à chute ", dont l’extraordinaire " L’heure H " qui tourne autour d’une invasion extraterrestre. Ces derniers complotent avec les enfants, seul moyen pour que les adultes ne prennent pas ça au sérieux. Délire ou réalité ? Une jeune maman finira par comprendre, mais les dernières lignes ne présagent rien de bon. Et la fin est· Glaçante.
On ne résumera évidemment pas tout, mais l’envie est là. " Le pays d’octobre " prolonge le plaisir, et les mêmes thèmes reviennent régulièrement. " Au suivant ! " raconte la lente plongée vers la folie d’un couple de vacanciers au Mexique. La visite des catacombes [et des momies qui y reposent] joue le rôle de déclencheur, et peu à peu, la terreur s’installe. Rien de surnaturel dans cette histoire, mais une angoisse subtile et incroyablement bien dosée.
D’autres nouvelles s’apparentent plus au fantastique traditionnel, comme " Le vent " [qui traite de l’étrange combat entre un homme et un ouragan], mais BRADBURY écrit avec une efficacité prodigieuse, et l’ensemble est superbe.
Dernier " automne ", " La foire des ténèbres " n’est pas nécessaire. Le thème de la fête foraine surnaturelle qui perturbe le destin de deux garçons est séduisant, mais le récit à tendance à se perdre dans la longueur. Le roman se laisse évidemment lire, mais ne procure pas de plaisir particulier, à l’inverse des deux premiers " Automnes fantastiques " qui sont beaucoup plus motivants.
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BRADBURY est surtout à l’aise dans les histoires courtes, un talent déjà reconnu avec "Les Chroniques martiennes" qui trouve ici sa quintessence. "Trois automnes fantastiques" est un pavé à lire, à relire et à conserver bien au chaud. Les textes y sont subtils, drôles ou très sérieux, angoissants ou libérateurs, mais toujours intelligents. |
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