EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

 
 
Publié le 30/04/2003

Un bonheur insoutenable" de Ira Levin

[This perfect day, 1969]

REED. J’AI LU / SF

Par PAT

Classique de l’anticipation, référence de la dystopie, Un bonheur insoutenable est réédité ce mois-ci chez J’ai Lu, sous une nouvelle [et jolie] couverture. L’occasion pour tout le monde de [re]découvrir un texte finalement assez polémique.


Comme tous les classiques, et comme beaucoup d’autres roman d’Ira Levin, Un bonheur insoutenable [traduction abjecte de This perfect day] vieilli assez mal. Beaucoup de choses sont désuètes, mais la description d’un monde dominé et régulée par un ordinateur est assez crédible, voire même remarquable quand on sait que le roman a été écrit en 1969.

Le problème, c’est que le thème du monde parfait et oppressant vu à travers les yeux d’un rebelle a déjà été visité depuis 1922 par Zamiatine et Orwell, pour ne citer qu’eux. La où les dystopies de ces deux auteurs sont d’ordre politique, d’autres comme Bradbury et Huxley déclinent l’idée sous la forme poétique et eugénique.

Il manquait une version informatique, et c’est la tâche à laquelle s’est attelé Levin, une tâche délicate, car encombrée et gênée par l’ombre des géants précédents. Rappelons quand même que Un bonheur insoutenable est avant tout une histoire humaine, et qu’on n’y assiste à aucun étalage de technique futuroïde [ce qui l’aurait d’ailleurs rendu sans doute ridicule avec le recul].

On y suit donc le parcours de Li, surnommé Copeau par un grand père peu à cheval sur les principes. De ce surnom, Li conserve une certaine forme d’individualisme qui lui vaut d’être contacté par des rebelles. Il apprend alors la nature exacte du traitement que tous les " membres " reçoivent régulièrement : une injection de calmants et de lobotimisants divers, destinés à limiter les passions humaines, pour que jamais ne soit contestée la puissante bienveillance d’UniOrd. Comme on s’en doute, le décor possède plusieurs envers, et c’est d’ailleurs l’un des intérêts du roman que d’aller de rebondissements en coups de théâtre, jusqu’à la dernière ligne.


COMMANDER

Au final, on ne retient pas grand-chose du "chef d’oeuvre" d’Ira Levin promis par le quatrième de couverture, mais on ne lui enlève rien non plus. Une problématique intéressante et angoissante, pour une histoire finalement beaucoup plus orienté thriller que philosophique.

À lire de toute façon.