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Publié le 15/07/2004

Un cantique pour Leibowitz de Walter Miller

[Canticle for Leibowitz, 1960]

REED. FOLIO SF, 2002


Après une catastrophe atomique terrible, de laquelle ne subsiste qu’un désert immense, et quelques rares atolls de vie humaine organisée, Leibowitz, un technicien survivant, a fondé un ordre religieux pour préserver le peu de savoir qui reste.

Après six siècles, grâce au travail des moines, le progrès technique ressurgit... une civilisation moyenâgeuse est née et le vieux monastère devient un enjeu de lutte entre chef de clans.

Encore six siècles plus tard, la société technologique réapparaît, et l’Histoire menace de se répéter...


Dans le désert de l’UTAH, le frère Francis, qui appartient à l’ordre albertien de Leibowitz, découvre grâce à l’indication d’un pèlerin, un trésor inestimable : les reliques du martyr Isaac Leibowitz qui a préservé dans un abri sous-terre les dernières traces du savoir avant que celui-ci (le savoir) ne soit réduit à néant par les flammes nucléaires. Frère Francis s’empresse auprès de l’abbé pour lui faire part de sa mystérieuse découverte. L’abbé le reçoit et l’écoute attentivement puis le congédie. Le doute envahit l’abbé suite à la description de Francis dudit pèlerin : il était « vêtu d’un kilt fait de la toile à sac dont on encapuchonna le Bienheureux Leibowitz avant de le pendre. Et qu’avait-t-il à la ceinture ? Une corde. Quelle corde ? Ah ! Cette même corde qui... », oui ,cette corde que frère Noyon avait autour du coup lorsqu’il voulut mettre fin à ses jours et qui se rompit par miracle...
Est-ce qu’une créature plus qu’humaine prendrait l’apparence d’un être humain ? Dans quel but ?

Les savants contribuèrent à l’armement des princes qui conduisit au déluge des flammes. Pour se venger les habitants massacrèrent les hommes de savoir accusés d’être en quelque sorte le bras qui servit à cette apocalypse. Pour échapper à la Simplification, les savants se réfugièrent dans les sanctuaires et autres monastères afin de s’y déguiser en moine. Mais l’hystérie collective gagna la foule qui envahit ces lieux religieux et brûla tous les livres et pendit les martyrs. De l’immense savoir accumulé depuis des générations ne survécu que quelques ouvrages et certains recopiés de mémoire par les copistes. Par l’intermédiaire de reliques, l’électronique, une science du passé, refait surface.

Ce livre pose de nombreuses questions :

« Comment une civilisation sage et puissante a-t-elle pu s’autodétruire ?
En ces temps là, Dieu avait permis que les sages connussent les moyens par lesquels on pourrait détruire le monde même ».

« L’histoire n’est-t-elle qu’un mythe ?
Non, mais elle est discutable ».

Le rôle de l’obscurantisme notamment lorsque des découvertes allaient à l’encontre de la religion (ex Copernic), par la suite la science deviendra indépendante.
L’histoire n’est-t-elle qu’un recommencement ?
Les erreurs commises dans le passé servent-elles de leçon ?
« Sommes-nous condamnés à faire et refaire toujours la même chose ? »

Et à plus grande échelle, l’Homme ne risque-t-il pas de sombrer dans une vague d’irrationalité autodestructrice qui provoquera la disparition de l’espèce homo sapiens sapiens ? (j’exagère un peu, certes)

Seuls face à la barbarie, les moines de l’ordre de Saint Leibowitz sauve la science de l’oubli... au point de risquer qu’un nouveau cataclysme n’écrase à nouveau la civilisation.

Comme Isaac Asimov pour Fondation, ou Clifford Simak pour Demain les Chiens, l’auteur a construit un récit long en additionnant plusieurs récits courts, trois textes qui se succèdent avec six siècles d’écart.
Le lecteur doit faire l’effort de s’y retrouver dans ce monde aux règles étranges, parfois naïves, parfois brutales, où le latin des moines renvoie à l’incompréhension qu’ils ont des données scientifiques qu’ils protègent.


Avec un style subtil, un esprit érudit, sensible et non dénué d’humour, Walter Miller donne vie à son monastère perdu et réussit un roman très attachant qui demeure une de lus grandes réussite de la science-fiction.

Un grand moment de littérature qui se lit d’une traite.