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Publié le 12/11/2006

"Un choeur d’enfants maudits" de Tom PICCIRILLI

["A Choir of Ill Children", Mars 2003]

ED. GALLIMARD / FOLIO SF INEDIT, NOV.2006

Par PAT

Petit inédit d’à peine 300 pages publié directement en Folio SF, “Un choeur d’enfants maudits” est LA bonne surprise de cette fin d’année. Mélange de mainstream malade et de fantastique moite, ce texte très séduisant nous donne furieusement envie de découvrir au plus vite les autres oeuvres de Tom PICCIRILLI.


Planté dans un sud des Etats-Unis qui ressemble plus au bestiaire de "Freaks" qu’à la Louisiane véritable, le décor de "Un choeur d’enfants maudits" est de ceux qu’on n’oublie pas. Marais, rivières à haut taux de débordement, végétation dense et touffue, chaleurs écrasantes et déluges de pluie, humains fantomatiques et allumés, difficile de ne pas plonger directement dans le roman. On y suit le parcours de Thomas, seul type à peu près normal de la zone. Fils de l’unique entrepreneur local [suicidé après avoir tenté vainement de développer la région], fils d’une mère disparue, petit-fils d’une grand-mère assassinée d’un coup de faucille, mais surtout frère aîné de trois siamois reliés par le crâne [monstruosité étrangement touchante qui s’exprime par toutes les bouches en même temps, mais qui possède néanmoins trois personnalités bien séparées], Thomas gère sa vie comme il peut. Plutôt riche, plutôt intelligent, plutôt réussi là où tout le monde est taré dans une proportion plus ou moins grande, il alterne expériences sexuelles et rêves malades dans lesquels il revit la même scène, celle où, encore enfant, il a découvert un gamin mort dans le marais et laissé son assassin se faire bouffer par les crocodiles.

Obligé d’héberger chez lui toutes sortes de gens [dont la fille d’une sorcière locale qui entretient des rapports contre-nature avec les jumeaux], Thomas fait néanmoins dans la normalité et enquête de son côté pour retrouver les bribes de son passé. A commencer par son père, sa mère, n’importe quoi pour échapper à un quotidien de plus en plus désincarné.

Résumer “Un choeur d’enfants maudits” n’est pas franchement évident. Il s’agit avant tout d’un roman d’ambiance incroyablement prenant. Ici, chaque micro-événement est signifiant, porteur d’une symbolique douloureuse, effrayant, grotesque ou drôle, quand ce n’est pas tout en même temps. Autant dire que le roman de Piccirilli ne fait pas dans le divertissement.

Vraie qualité littéraire [saluons au passage la splendide traduction de Michelle Charrier qui a dû bien s’amuser], vraie souffle dans la description d’un monde qui en manque, “Un choeur d’enfants maudits” est le prototype de l’objet étrange et enthousiasmant. C’est un vrai voyage qui, malgré un résumé inquiétant, ne tourne jamais au gratuit, au malsain ou au ridicule. Le tout restant affreusement crédible. Crédible à faire peur.


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A des années lumières d’un fantastique classique, “Un choeur d’enfants maudits” louche plus du côté des transfictions que du genre figé.

Oubliez vos références, ce roman va vous calmer tout net.