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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par PAT
On ne présentera pas ici l’ami Kurt, dont l’indispensable "Abattoir V" reste encore d’actualité, mais on se contentera de rappeler que l’homme possède l’une des plumes les plus libres, les moins consensuelles et les plus rentre-dedans de la seconde moitié du vingtième siècle. S’il s’est toujours défendu d’écrire de la SF, son style, son humour et son détachement ont marqué bon nombre d’auteurs qui, eux, ont revendiqué haut et fort leur attachement au genre. Découvrir aujourd’hui un nouveau texte fait certes partie des petits plaisirs littéraires à déguster entre initiés, mais pas seulement.
D’abord parce que VONNEGUT promène un oeil acéré sur la politique extérieure de son pays, ensuite parce que les élucubrations d’un vieillard qui n’a somme toute rien à perdre sont toujours soit réjouissantes, soit drôles, soit désespérées, soit les trois à la fois.
Aucune ligne narrative dans "Un homme sans patrie", aucune histoire, aucune explication : voilà Kurt VONNEGUT tel qu’il est, Kurt Vonnegut tel qu’il pense, Kurt VONNEGUT tel qu’il vous emmerde, serait-on tenté d’écrire. S’il vous emmerde, il le fait avec talent, et c’est justement ce qui sauve le texte de la banalité et de la discussion de comptoir.
« Et Dieu ? S’il était vivant aujourd’hui ? Il aurait à se faire athée, parce que l’odeur de merde est devenue irrespirable.
Je suis aussi célibataire que la moitié du clergé hétérosexuel catholique.
Le napalm est né à Harvard. Veritas ! Notre président est chrétien. Hitler l’était aussi. Le Shrapnel a été inventé par l’anglais qui porte ce nom. Vous n’aimeriez pas que quelque chose porte votre nom ?
Ce qui rendait le Mexique si maléfique en 1840, bien avant notre Guerre de Sécession, c’était que l’esclavage y était illégal.
A quarante et un ans, dit-il, Jésus est apparu à Georges Bush et l’a fait cessé de picoler, de renifler de la peinture. D’autres ivrognes ont vu apparaître des éléphants roses. »
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Au final, si "Un homme sans patrie" ne révolutionne rien, il a le mérite de livrer à chaud quelques notes d’un des plus grands écrivains du vingtième siècle. Tout bêtement. |
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