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Publié le 01/04/2006

Un homme sans patrie de Kurt Vonnegut

ED.DENOËL / DENOËL & D’AILLEURS, FEV. 2006

Par PAT

Recueil d’aphorisme, petites pensées en passant, bloc-note ou vague monologue plus ou moins grand public, Un homme sans patrie est une sorte de Kurt Vonnegut concentré, un Vonnegut fatigué par ses 83 ans [quand même], mais un Vonnegut alerte, drôle et sardonique.


On ne présentera pas ici l’ami Kurt, dont l’indispensable "Abattoir V" reste encore d’actualité, mais on se contentera de rappeler que l’homme possède l’une des plumes les plus libres, les moins consensuelles et les plus rentre-dedans de la seconde moitié du vingtième siècle. S’il s’est toujours défendu d’écrire de la SF, son style, son humour et son détachement ont marqué bon nombre d’auteurs qui, eux, ont revendiqué haut et fort leur attachement au genre. Découvrir aujourd’hui un nouveau texte fait certes partie des petits plaisirs littéraires à déguster entre initiés, mais pas seulement.

D’abord parce que Vonnegut promène un oeil acéré sur la politique extérieure de son pays, ensuite parce que les élucubrations d’un vieillard qui n’a somme toute rien à perdre sont toujours soit réjouissantes, soit drôles, soit désespérées, soit les trois à la fois.

Aucune ligne narrative dans Un homme sans patrie, aucune histoire, aucune explication : voilà Kurt Vonnegut tel qu’il est, Kurt Vonnegut tel qu’il pense, Kurt Vonnegut tel qu’il vous emmerde, serait-on tenté d’écrire. S’il vous emmerde, il le fait avec talent, et c’est justement ce qui sauve le texte de la banalité et de la discussion de comptoir.

« Et Dieu ? S’il était vivant aujourd’hui ? Il aurait à se faire athée, parce que l’odeur de merde est devenue irrespirable.

Je suis aussi célibataire que la moitié du clergé hétérosexuel catholique.

Le napalm est né à Harvard. Veritas ! Notre président est chrétien. Hitler l’était aussi. Le Shrapnel a été inventé par l’anglais qui porte ce nom. Vous n’aimeriez pas que quelque chose porte votre nom ?

Ce qui rendait le Mexique si maléfique en 1840, bien avant notre Guerre de Sécession, c’était que l’esclavage y était illégal.

A quarante et un ans, dit-il, Jésus est apparu à Georges Bush et l’a fait cessé de picoler, de renifler de la peinture. D’autres ivrognes ont vu apparaître des éléphants roses. »


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Au final, si Un homme sans patrie ne révolutionne rien, il a le mérite de livrer à chaud quelques notes d’un des plus grands écrivains du vingtième siècle.

Tout bêtement.