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Publié le 06/06/2005

Un monde d’azur de Jack Vance

[The blue world, 1966 ]

REED. LIVRE DE POCHE, MAI 2005

Par Ubik

Parmi les auteurs de l’âge d’or, Jack Vance est un monument à la longévité et à l’inventivité impressionnantes. S’il ne fait pas l’unanimité chez les jeunes lecteurs de science fiction et chez les amateurs de visions spéculatives, il n’en demeure pas moins un auteur qui a bercé l’imaginaire de bon nombre de lecteurs, notamment le mien, grâce à ses qualités de conteur et au « sense of wonder » déployé dans ses mondes imaginaires. Profitons donc de la réédition, dans une traduction retravaillée, de Un monde d’azur pour remettre en mémoire quelques faits sur cet auteur.


Sur un monde entièrement aquatique, les descendants du crash d’un vaisseau spatial ont organisée une société pacifique sans pouvoir central sur un archipel végétal idyllique. Vivant de ce que leur offre l’océan, et celui-ci est particulièrement généreux, ils doivent s’acquitter de quelques offrandes au Roi Kragen, une créature amphibie de taille conséquente ressemblant vaguement à un calmar, afin de jouir de sa protection.
Mais pourquoi les humains ne se passeraient-ils pas du monstre et de ses intermédiaires humains et n’assureraient-ils pas ainsi tout seul leur sécurité ? C’est la proposition que fait le transmetteur Sklar Hast. Celle-ci ne tarde pas à plonger très rapidement le peuple des îles dans le chaos pour le meilleur, espère-t-il.

Un monde d’azur est l’archétype du roman vancéen. On y trouve tout ce qui hérisse ses détracteurs et comble de joie ses admirateurs. Résumons un peu pour plus de clarté.

Dépaysant, Un monde d’azur l’est sans aucun doute puisque Vance nous immerge très rapidement dans une société pré-industrielle [la planète est dépourvue de matériaux plus durs que l’os] à la fois convaincante et singulière. Le fait que les castes du peuple des îles soient à l’origine des délinquants notoires ajoute un côté cocasse à ce contexte, notamment lorsque l’on constate, que parmi ceux-ci, on trouve des publicistes.

Simple et rythmé, le récit l’est également. Vance n’est pas réputé pour la complexité de ses histoires qui sont construites simplement. En règle générale, il s’agit pour lui de mettre en scène la révolte individuelle, parfois la vengeance/revanche, d’un héros qui se doit d’agir librement quitte à bouleverser un ordre traditionnel qui se veut harmonieux mais se révèle en fin de compte figé. Dans ce roman, c’est la soumission au Roi Kragen, érigée en religion par la caste des intercesseurs, qui est rejetée par Sklar Hast, héros typiquement vancéen puisque habile meneur d’hommes attaché à la liberté individuelle et résolu à aller jusqu’au bout de sa démarche.

Enfin, les histoires de Jack Vance sont assez souvent aussi des jeux de dupes où des plans élaborés sont mis en œuvre afin de tromper l’adversaire, où chacun s’observe beaucoup et où finalement le plus astucieux et déterminé l’emporte. « Un monde d’azur » sur ce point est exemplaire.


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Ce court roman de Vance, que je conseille aux novices, fournit donc un aperçu assez complet du style d’un auteur ici au meilleur de sa forme. Le sacrifice ne sera pas trop important s’ils n’adhèrent pas au récit et au style.

Dans le cas contraire, il leur reste une multitude d’autres ouvrages pour se régaler.