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Publié le 13/03/2001

"Un paysage du temps" de Gregory BENFORD

["Timescape", 1980]

REED. FOLIO SF, FEV. 2001

Par oman

A la fin du XXème siècle, la vie sur terre est menacée par les dérèglements de l’environnement dus aux excès humains.

Les savants cherchent à établir une communication avec les savants du passé pour leur éviter les erreurs qui conduisent la planète vers sa fin.

Parallèlement, en 1963, un chercheur reconnait des perturbations inexplicables dans l’une de ses expériences...


PRIX NEBULA 1980

1998. Le monde agonise, une algue mutante dont l’origine est la pollution humaine, est en train de s’étendre à une vitesse exponentielle. La communauté et les fonds scientifiques sont monopolisés par cette menace terrifiante, pendant que dans un laboratoire de Cambridge deux chercheurs ont mis au point un moyen de communiquer avec le passé, par le biais de tachyons, découverts physiquement depuis peu, des particules voyageant à des vitesses subluminiques (quasi instantanées). Ils attendent les fonds pour mettre en garde le passé face à la diatomée galopante. 1963. Un chercheur et son étudiant ont des parasites, un bruit de fonds organisé, dans leur expérience de résonance magnétique...

Le temps en question. Après avoir été abordé, de manière assez romancée, dans les ouvrages de BARJAVEL ["Le voyageur imprudent"], de H.G. WELLS ["La machine à explorer le temps"], de Poul ANDERSON ["La patrouille du temps"] et d’une certaine manière avec Tim POWERS ["Les voies d’Anubis"], voici donc une autre version de ce fameux voyage dans le temps.

Les autres auteurs ont abordé le problème du petit fils tuant son grand père comme la boucle paradoxale insoluble : le petit fils tue le grand père, donc le grand père n’existe pas, donc le petit fils n’existe pas et ne peut pas tuer le grand père, donc le grand père est vivant, donc le petit fils est vivant etc.

Ici, BENFORD nous raconte une histoire plus scientifique, plus étayée par des théories mathématiques.

En effet, le tachyon est dans la théorie depuis le début des années 60 et il entre dans la théorie des cordes et mécanique quantique [voir l’article de vulgarisation http://depire.free.fr/publique/THC/ et particulièrement la page http://depire.free.fr/publique/THC/Cordes17.html]

Sa principale caractéristique est qu’il est de masse nulle et donc que sa vitesse est supérieure à la vitesse de la lumière. Cela étant posé, Benford nous explique qu’il serait dès lors possible de remonter le temps (car aller plus vite que la lumière), les tachyons se propageraient dans le temps passé et futur.

Néanmoins, les événements déjà apparus ne peuvent être modifiés. Ce qui est fait est déjà révolu. C’est pourquoi un changement majeur ne peut intervenir pour modifier notre présent. D’où la notion étrange qu’est notre présent.

Un changement majeur dans notre passé ne peut aboutir qu’à un autre présent, en quelques sorte un univers parallèle où les événements du passé ont été changés. Notre présent est donc immuable, il s’agirait donc que l’embranchement où s’est faite la cassure aura détourné notre passé vers un autre possible.

L’univers universitaire.

BENFORD nous décrit (une expérience passé ?) les différentes trames qui peuvent se tisser dans les universités, les luttes d’influence entre un chercheur et son chef de département, les relations entre collègues, les coups bas, la vie d’un chercheur partagé entre sa vie professionnelle et sa vie familiale.

Ici, encore, BENFORD arrive à traduire sur la papier les angoisses, les interrogations d’un homme entre sa volonté d’accrocher un prix Nobel, et son avenir au sein de sa famille. L’auteur ne néglige pas ses personnages, qui sont d’une profondeur telle qu’on se plait à s’y identifier, tout comme dans son Cycle du Centre Galactique. De même, il aime comparer les cultures américaines et anglaises.


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Ce roman est long, ardu et lent. Mais il décrit méticuleusement la vie des chercheurs, l’ambiance des laboratoires, dans toute sa froide crudité, les ambitions, les amertumes... la vie psychologique des personnages est analysée en profondeur...

Encore une fois, Gregory BENFORD nous conte un roman ambitieux, scientifique et psychologique, récompensé par un Prix Nebula. BENFORD est, dans mon panthéon personnel, un des meilleur auteurs de SF. Magnifique roman.