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Publié le 01/05/2008

« Un pour deux » de Martin WINCKLER

ED. CALMANN-LEVY / INTERSTICES, MAI 2008

Par PAT

Premier auteur francophone publié en Interstices [en attendant le Liliputia de Xavier MAUMEJEAN prévu en septembre], Martin WINCKLER s’adapte impeccablement à l’esprit de le collection et produit un roman transgenre, mêlant agréablement satire politique, thriller policier, réflexions médicales et humour débridé.


Proposé sous une jolie [et double] couverture, Un pour deux affiche la couleur d’entrée de jeu : dans la ville de Tourmens [imaginaire et récurrente chez WINCKLER], un maire caractériel, sécuritaire, tout puissant [et tout petit, ah tiens] est sous les feux des projecteurs depuis qu’il a épousé Clara Massima, ex-mannequin vedette très en vue dans la bonne société.
Et pour cette dernière, la vie est compliquée.
Apparemment quelqu’un aurait dans l’idée d’attenter à ses jours, d’autant que bon nombre de collègues disparaissent les unes après les autres, officiellement pour abandonner la carrière, les défilés et "passer à autre chose"...

Inquiète, Clara s’offre les services de la société de protection privée "Twain Peeks", dirigée par deux étranges jumeaux, René et Renée. Deux personnalités doubles, mais opposées, dont le lecteur suit la vie quotidienne jusqu’à la révélation attendue [page 78], mais surprenante, dont on ne soufflera mot ici.

Aux côtés de ce pandémonium humain aussi bizarre que curieusement crédible gravitent les figures habituelles du roman policier : flics, tueurs, nervis, politiques, journaleux et consorts, dont la danse macabre oscille entre le grotesque, le ridicule, le puant et le sincère. Avec derrière tout ça un horrible complot politico-médical aux tenants et aboutissants... surprenants.

Rien de nouveau, donc, sauf que si l’auteur suit les codes du genre, force est de reconnaître que le genre est ici "pluriel" et que les codes sont passablement détournés. Hommage, satire, relecture distancée et sardonique, Un pour deux cumule avec bonheur tous ces aspects, avec en guise d’entracte, quelques vérités médicales [d’ailleurs expliquées en fin de volume] qui ont le bon goût de distraire intelligemment. Bref, un roman qui fait plaisir et dans lequel Martin WINCKLER s’amuse beaucoup.


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Si, au final, l’ensemble ne va pas plus loin qu’un simple divertissement, c’est d’un divertissement intelligent qu’il s’agit, et d’autant plus prometteur que nous n’en sommes qu’au premier tome d’une... Trilogie, eh oui.
Quand on vous dit que Martin WINCKLER aime le genre.