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Publié le 16/12/2007

Un sale boulot de Christopher Moore

[A Dirty Job, 2006]

ED. CALMANN-LEVY / INTERSTICES, 2007

Par PAT

En attendant le roman d’Alan MOORE prévu début 2008 dans la même collection, les lecteurs peuvent toujours se rabattre sur un autre MOORE, Christopher, d’autant que l’animal se débrouille bien pour fidéliser son monde [de la Série Noire à Interstices].
Au menu, aujourd’hui, la mort. Couic.


A mi-chemin entre l’humour le plus débridé et le drame le plus sombre, Christopher MOORE réussit [encore] son coup avec Un sale boulot, plongée parfois vertigineuse à l’intérieur d’un homme chargé d’une tâche désagréable : rassembler dans son arrière boutique [le héros possède un magasin d’objets d’occasion] différentes petites choses, de la chaussure à la bouteille de vin, qui ont pour particularité de servir de véhicule spirituel aux âmes en instance de départ vers le Grand Tout.
Annoncé comme ça, le travail est plutôt élégant, mais concrètement, Charlie Asher [c’est son nom] joue un rôle plus terre à terre : la Mort.

Tout commence le jour où Asher a le privilège d’assister à l’accouchement de sa femme. Hélas, la dame meurt en lui laissant le nourrisson sur les bras ; Charlie jure avoir vu un type penché sur le lit de sa femme, un type que personne d’autres n’a vu, ni les médecins, ni les caméras de surveillance disposées un peu partout. Arrive ensuite un livre de magie noire [subtilisé un temps par une employée gothico-punkoïde super désolée à l’idée de ne pas être choisie par l’Être Suprême pour incarner la Mort] qui fait enfin comprendre à Charlie son rôle sur cette bonne vieille terre.

D’abord, il n’est pas seul. D’autres que lui sont aussi chargés du boulot [c’est qu’on ne manque pas de travail, ici, question mortalité]. Ensuite, il a plutôt intérêt à bosser dur, car d’infects démons inférieurs cannibales sont bien décidés à le bouffer tout cru sur ordre de Dieu himself s’il ne remplit pas son contrat. Or, avec un Être Suprême qui voit tout et sait tout, il est assez difficile de mener une enquête indépendante sur le Pourquoi des choses, et plus particulièrement sur le Pourquoi Moi ?. D’autant que la sœur de Charlie ne fait rien pour comprendre son cas et que sa propre fille risque gros si la Mort ne bosse pas comme il faut.

Évidemment drôle, chargé de personnages aussi maniaques que récurrents [notamment l’inénarrable Lieutenant Riviera, vu dans les romans précédents], mais pas non plus tout à fait dénué de sérieux, Un sale boulot est assurément un bon crû. Il s’approche de Bloodsucking fiends [histoire de vampires contemporaine et déjantée pas encore traduite en France] sans lasser son lecteur.


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Moins délirant que d’autres [ Le lézard lubrique de Melancholy Cove pour ne pas le citer], il n’en reste pas moins sérieusement barré et parfaitement fréquentable. Reste que la fin un poil mystique peut surprendre, d’autant que Christopher MOORE, au final, ne sait plus vraiment où il va. Parfois perdu entre l’humour le plus basique et le mélodrame poignant, l’auteur dérape de temps en temps, autant de petits défauts qui, certes, tempèrent l’enthousiasme, mais ne gâchent pas le plaisir d’approfondir l’univers d’un écrivain plutôt unique en son genre.