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Par PAT
Quatrième roman d’Antoine Chainas à paraître en Série Noire, Une histoire d’amour radioactive prolonge le travail d’explorateur d’un auteur à l’imaginaire résolument ancré dans le bizarro-brutal. Si cette dernière production relève assurément du roman noir, la petite touche onirique limite fantastique complique la donne. De quoi intriguer... et convaincre.
C’est désormais une habitude, Antoine Chainas frappe fort. Si Une histoire d’amour radioactive ne révolutionne pas le savoir faire de l’auteur, ce dernier roman se décale sans doute un peu plus que les précédents vers la frange du réalisme — là où tout est possible. De fait, Chainas ne dépareille pas au Cafard Cosmique, même si sa « famille littéraire » justifie sa présence dans la mythique « Série Noire ».
Articulé autour de la sacro-sainte rencontre entre deux policiers (l’un vieillissant, l’autre jeune et fougueux), Une histoire d’amour radioactive explose d’entrée de jeu les clichés en racontant par le menu les rapports amoureux homosexuels entretenus rapidement par les deux hommes. Le texte vire explicitement à la pornographie, mais rien de vain là-dedans, dans la mesure où le réalisme de l’amour répond au réalisme du monde dans lequel évoluent les protagonistes. Les deux policiers sont assez rapidement sur la piste d’une femme au comportement curieux, sorte d’artiste post-apo qui sème les cadavres derrière elle. Tous cancéreux en phase terminale. Tous bien rangés, respectables, jusqu’à leur rencontre avec ladite suspecte, à qui on a bien du mal à reprocher quoi que ce soit.
En parallèle, le roman s’intéresse à l’une des victimes. Victime consentante, évidemment. Simplement désigné par l’acronyme DRH, l’homme mène sa barque et son existence déshumanisée entièrement vouée au travail. Sa famille, il la connaît à peine. Son entreprise, par contre... Et c’est là où Chainas réussit son coup : dans la peinture glauque et drôle d’un homme qui — peu à peu — prend conscience de la vacuité de sa vie. Prise de conscience qui passe irrémédiablement par un pétage de plomb réjouissant (et terrifiant). Prise de conscience à laquelle une certaine artiste post-apo n’est évidemment pas étrangère.
Autant de pièces de puzzle semés par Chainas, pour une histoire impeccablement construite et somme toute assez simple. L’amour, la mort, le changement. Le choix et ses conséquences. La littérature ne parle pas d’autre chose.
Conduit sur un rythme aussi direct qu’efficace via un style sec et froid, Une histoire d’amour radioactive s’attarde suffisamment sur ses personnages pour leur insuffler la vie. Malgré le côté clinique de l’écriture, tous vivent — et meurent — avec une présence qui marque durablement. Sans doute grâce à l’étonnante douceur avec laquelle l’auteur les traite. C’est l’un de ses grands talents ; il se confirme roman après roman.
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Bizarre, brutal et inquiétant, Une histoire d’amour radioactive réunit violence et douceur au sein d’une même métaphore liée à l’amour et aux tragédie subséquentes. |
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