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VERS LA SINGULARITE
Mathématicien, chercheur à l’Université de San Diego aux Etats-Unis, Vernor VINGE passe ses heures de loisirs à bâtir des romans de science-fiction aussi élaborés et cohérents qu’une équation différentielle.
Il fut remarqué dans les années 60 par John W. CAMPBELL, qui publia sa première nouvelle dans Analog Science Fiction. Il publie ensuite régulièrement, mais ne fait vraiment d’étincelles qu’en 1981, avec le roman "True Names", dans lequel il imagine, plusieurs années avant le "Neuromancien" de William GIBSON, un concept très proche du cyberespace cher aux cyberpunks.
Vinrent ensuite "Peace War" [1984] et "La captive du temps perdu" ["Marooned in Real time", 1986], deux romans qui développe les conséquences de l’invention de champs de stases échappant au passage du temps.
Vernor VINGE fut marié à Joan D.VINGE, auteur de SF elle aussi, plus connue que lui en France, mais bien moins intéressante.
Chez Vernor VINGE, on sent l’homme de science derrière chaque idée, car ici les technologies - intelligence artificielle, nanotechnologies, anti-gravité - ne sont pas des éléments décoratifs : elles sont la source du récit. VINGE ne raconte pas des histoires dans un monde futuriste, il raconte ce que le futur engendrera comme histoires.
L’une des idées originales de VINGE, présente dans toute son oeuvre, est celle de la Singularité : selon la Loi de Moore, la puissance de calcul des ordinateurs double tous les 18 mois. Les ordinateurs seront donc plus intelligents que les Humains vers 2035. VINGE pronostique que l’ère de l’homme sera terminée, et que nous entrerons dans une zone de la civilisation où le progrès technologique sera tel que la complexité du monde deviendra indescriptible. Nanoscience et Intelligence Artificielle seront si développées que notre esprit ne pourra plus suivre. Les Hommes ne joueront plus que le rôle de pions. Bref, l’univers d’après la Singularité nous sera incompréhensible.
Cette théorie est exposée en détail dans un essai, "the Technological Singularity", paru en 1983, et qui dans le milieu scientifique lui vaut une célébrité au moins égale à celle d’auteur de SF.
Pour achever de vous donner envie de lire Vernor VINGE, sachez qu’en plus il a une bonne plume : il sait créer des personnages très forts et des intrigues parfaitement accrocheuses... Ses deux romans les plus célèbres, "Un feu sur l’abime" et "Au tréfonds du ciel" ont tous les deux reçus le Prix Hugo du meilleur roman.
Convaincu ?

Ailleurs et Demain poursuit son idylle avec Vernor VINGE : « Rainbows End » succède donc à « Un feu sur l’abîme » [Hugo 1992] et « Au tréfonds du ciel » [Hugo 2000], eux brillants space op’.
Ce nouvel opus marque un retour sur notre terre et l’abandon [momentané] du Space Opera cher à l’auteur. Les organisateurs de la Nippon Con ne lui en ont pas tenu rigueur puisque le roman a décroché le Locus 2007 et concourre pour le Hugo 2007.
La qualité est-elle au rendez-vous ? Ne reculant devant aucun sacrifice pour satisfaire ses lecteurs, le cafard cosmique a donc mené l’enquête.
Le soleil MarcheArret s’éteint et se rallume régulièrement. 235 ans de noir puis 35 ans de lumière... Une seule planète dépend de cette étrange étoile. Or elle abrite une civilisation d’araignées intelligentes, repérée par des ondes radio. Un vaisseau de la culture Qeng-Ho part à la rencontre de cette planète, à des fins commerciales.
Problème, la culture adverse, celle des Emergents, est arrivée la première. Or les sadiques Emergents ne sont pas réputés pour leur sens du partage.
Pendant ce temps, sur la planète visée, la civilisation des Araignées s’éveille...
Quelque part dans l’Espace, des scientifiques ont, sans le vouloir, réveillé une entité inconnue aussi puissante que maligne : la Perversion.
Une famille parvient à s’échapper mais elle s’écrase sur un monde complètement isolé... or elle possède la seule arme efficace contre la Perversion, et celle ci commence à s’attaquer à la civilisation, planète après planète.
Mr.C