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Publié le 30/04/2006

"Vampyres (quand la réalité dépasse la fiction)" de Laurent COURAU

ED. FLAMMARION / POP CULTURE, AVRIL 2006

Par Daylon

Catégorie cultures alternatives, nous vivons une histoire d’amour un peu étrange avec La Spirale : fascination ; connections entre réels [pluriel] et imaginaires ; in/exfiltrages en règle. Il serait difficile de cacher notre curiosité, au Cafard, face au nouvel essai/reportage de son fondateur, à savoir : Laurent COURAU. Après une compilation de témoignages sur « Mutations Pop & Crash Culture », voici venir « Vampyres » [+100 points d’allitération] : à la fois analyse d’un mouvement [sub]culturel et quête journalistique, le tout peint en une année de notes, d’interviews et d’articles de fond. L’appât est lâché. Décortiquons la bête.


« L’humanité se situe actuellement au sommet de la chaîne alimentaire. [...] L’idée serait donc que ce sont les vampires qui sont réellement au sommet de la chaîne [...] puisqu’ils se nourrissent de l’énergie des êtres humains. Maintenant, de manière plus réaliste, cette phrase sous-entend que les membres de notre communauté ont été plus loin dans leur évolution que le reste de l’humanité. »

Laurent COURAU nous conte sa plongée dans le milieu alternatif des vampyres : presque trois années ; depuis les clubs de Gotham, alter-ego nocturne d’un New-York underground jusqu’à Amsterdam, en passant par la Nouvelle-Orléans pré-Katrina et Paris. Un reportage quasi-continu, à intégrer ces nouvelles communautés ; basant leurs règles, leurs hiérarchies et leurs esthétiques sur les archétypes vampiriques. Des structures permettant d’exprimer une certaine conception du monde qui nous entoure. Mieux : loin de se « contenter » de ce long documentaire [déjà copieux], COURAU analyse tous les milieux gravitant autour [ou assimilés]. Une méthode trop rarement utilisée qui permet ici de mieux cerner le sujet. Pourquoi ces personnes se reconnaissent dans le mouvement vampyre et comment ils le matérialisent. Du clan des Hidden Shadows, dirigé par le patriarche Father Sebastiaan aux fangsmiths ; ces tailleurs de crocs implantés ou définitifs. De la littérature de l’imaginaire aux pratiques magiques, nous suivons de longs mois de recherches quasi empiriques menant à la création du reportage.

« Du balcon qui domine la rue, les vampyres observent avec un dédain aristocratique la foule qui envahit chaque soir le quartier. À l’extérieur, c’est l’émeute. [...]Un Captain America titube l’air hébété devant un distributeur d’argent en essayant de se souvenir de son code. Kermit, la grenouille verte du Muppet Show, vomit au pied d’un mur [...]. »

Agrémenté d’un cahier central de photos réalisées par Lukas ZPIRA [ou le superbe côtoie le très flou], « Vampyres » se pose comme un essai superbement réalisé.

Par contre, là où Flammarion nous déçoit, c’est par le format qu’on nous propose : si le logo [oui, ma névrose habituelle] de la collection est vraiment très chouette, on se demande pourquoi essayer de pratiquer l’écran de fumée en grossissant à outrance la typo [gonflant artificiellement le bouquin, lequel n’en avait finalement pas besoin]. D’ailleurs, si le cartonnage ne nous surprend pas tellement [c’est-à-dire : peu résistant ; un comble pour un libre qu’on aimerait conserver dans sa bibliothèque][ma névrose, vous dis-je], on se demandera pourquoi l’éditeur a pu faire si peu de cas du manus, en ayant laissé s’échapper bon nombre de coquilles. Pas classe.

Ceci étant, il faut admettre que l’essai passionnera toute personne curieuse [et peu importe vos goûts]. Et c’est là le point central de « Vampyres » : cette volonté palpable de l’auteur a essayer d’ouvrir notre horizon ; à, au-delà même de ce mouvement [qui n’est finalement qu’un négatif de notre société], chercher à nous faire comprendre qu’il n’existe pas que le mainstream. Que quiconque peut choisir de vivre ses phantasmes, ses envies, ses idées jusqu’au bout. Et ceux qui auront loupé le reportage à Tracks l’année dernière [en attendant que le reportage soit disponible sur le service de VOD d’Arte] n’auront pas besoin de se fouetter avec des chaînes de vélo : « Vampyres » fera l’objet d’un film documentaire d’ici la fin de l’année 2006.

« Quelques années en arrière, les gens avaient encore peur de nous. Maintenant, grâce à mon travail [Father Vincent] et aux efforts de Father Sebastiaan, les gens n’ont plus peur de ce que nous sommes. [...] Et c’est aussi grâce à des livres et des films comme les vôtres. »


SUR LE NET : Vampyres, le documentaire


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Complet, passionnant et malgré un léger laxisme éditorial, « Vampyres » se place comme un document unique et précieux sur une niche émergente : de nouveaux vampyres, en passent d’intégrer le passif pop[ulaire] contemporain. Un paradoxe ?

« Father Sebastiaan m’avait informé dès le printemps 2004 de l’existence de clans de lycanthropes suédois. L’idée amusait beaucoup le vampyre qui trouvait délirant que l’on puisse se prendre pour un loup-garou. »