EN BREF

 
SYNDICATION


Suivez le Cafard cosmique sur Twitter

Devenez Fan du Cafard cosmique et suivez toute l’actualité du site sur Facebook

Flux RSS 2.0 : pour afficher toutes les nouveautés du site par syndication.

netvibes : cliquer ici pour ajouter le flux RSS à votre page netvibes.


 
 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AUX LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

 

D'AUTRES AUTEURS

A VOIR AUSSI


Longtemps refusé par les maisons d’édition, Jeff Vandermeer est aujourd’hui reconnu comme l’une des voix les plus originales de la fantasy contemporaine. Sa prose plonge dans un univers surréaliste des personnages attachants, expérimente des formats inédits et ose mêler l’opulence au grotesque. Inclassable, baroque et labyrinthique, son œuvre commence à être traduite en français.


L’univers de Jeff Vandermeer a quelque chose de la beauté vénéneuse des monstruosités de H.P. Lovecraft, et du baroque grotesque de Mervyn Peake. Mais l’architecture de l’ensemble repose sur de complexes constructions littéraires à la J.L. Borges. On l’a rapproché parfois du mouvement « New Weird » de M.J. Harrison et China Miéville. Il est vrai que la comparaison avec le second est tentante, d’autant que comme lui, il a développé un cycle d’œuvres autour d’une fascinante mégalopole pourrissante, la cité d’Ambregris. Mais Vandermeer possède un style littéraire plus travaillé et plus audacieux que son alter-ego britannique. Et sa cité doit davantage à Gormenghast ou aux villes imaginaires d’Italo Calvino.

Né en Pennsylvanie, Jeff Vandermeer a passé son enfance bien loin de là, sur les îles Fidji, à l’est de l’Australie, car ses parents y travaillaient pour les Peace Corps [l’agence gouvernementale américaine d’aide au développement]. Lorsque, sa famille reviendra vivre aux Etats-Unis, ce sera après un long périple de six mois à travers l’Asie, l’Afrique et l’Europe. Ce voyage aura une influence avouée sur le jeune garçon. Ses futures créations littéraires empreinteront à la fois aux paysages et aux cultures qu’il a alors traversées. A 8 ans, Jeff écrit ses premières poésies. Il se destine au journalisme quand il s’inscrit à l’Université en Floride, mais comprend vite que là n’est pas voie.

Etaient-elles trop originales ? Trop inclassables ? Les nouvelles que Vandermeer propose aux magazines et aux éditeurs américains essuient, pour la plupart, refus sur refus pendant très longtemps... L’auteur, qui gagne alors sa vie en travaillant pour des librairies et de petits éditeurs spécialisés, persévère année après année.

Il participe au célèbre atelier d’écriture Clarion, mais il en revient insatisfait, convaincu que la plupart des "régles" qu’on a voulu lui inculquer ne sont pas rééellement incontournables. Et, ne trouvant pas preneur pour son court roman Dradin In Love, écrit en 1993, il accepte la proposition de la créatrice d’un magazine littéraire, Ann Kennedy, qui souhaitait lancer sa propre maison d’édition. Sage décision : Ann va plus tard devenir sa femme, et l’histoire de Dradin est la première pièce du puzzle d’Ambregris.

Car Dradin In Love reçoit un accueil critique enthousiaste, et se voit nommé au Theodore Sturgeon Memorial Award [1]. Tout cela encourage Vandermeer, qui entre temps a créé sa maison d’édition, Ministry of Whimsy Press, à revenir dans les faubourgs d’Ambregris.

En 2004, La Cité des Saints et des fous, premier recueil de Vandermeer, est enfin publié tel que souhaité par l’auteur [2]. Il s’agit d’une mosaïque de textes référents à Ambregris, cité tentaculaire sur les rives du Moth, habitée par les hommes, mais autrefois propriété d’êtres à la silhouette de champignons, dont on dit qu’ils vivent encore sous la ville...

L’un des charmes de ce recueil est l’auto-référence permanente : les œuvres se citent les unes les autres, tel personnage de premier plan dans un texte croisera notre chemin dans tel autre sans s’attarder. Un certain Mr. X semble un alter ego de l’auteur lui-même [qui cependant, à toujours nié cela]. Nouvelles, Lettres, Etudes de textes, Monographie, Message codé, ou Mémoire universitaire, Vandermeer joue aussi de tous les formats, bâtissant un château de cartes-miroirs qui se reflètent les unes dans les autres en un vaste kaléïdoscope.

Le Cycle d’Ambregris s’est poursuivi avec Shriek : An Afterword, la postface d’un roman, Shriek, qui n’existe pas, exercice littéraire périlleux inspiré par l’ Ada de Vladimir Nabokov. Là encore, l’auto-référence organise le récit dans une sorte de labyrinthe mental de papier : Shriek est le commentaire par Janice Shriek d’une autobiographie de son frère Duncan. Mais ce commentaire de sa sœur est lui-même annoté par Duncan. De plus ses deux personnages figurent dans d’autres récits inclus dans Cité des Saints et des fous. Janice, lors d’un séjour en hôpital psychiatrique, rencontre même le fameux X, qui est persuadé qu’il a créé tous les pensionnaires du lieux...

A la question « Quels sont les cinq auteurs qui vous ont le plus influencés ? », Vandermeer a répondu un jour « Edward Whittemore, Angela Carter, Vladimir Nabokov, Martin Amis, Mervyn Peake. » A la même question, posée par un autre journaliste, un autre jour, il cita à nouveau les trois premiers, puis John Irving, M. John Harrison, Stepan Chapman, Borges et Calvino.

En 2000, Vandermeer a reçu le World Fantasy Award pour sa novella The Transformation of Martin Lake. En 2004, il en a reçu un deuxième, avec son co-editeur Mark Roberts, pour la publication de l’anthologie The Thackery T. Lambshead Pocket Guide to Eccentric & Discredited Diseases, amusant guide de maladies imaginaires auquel ont collaboré de grands auteur de fantasy comme Neil Gaiman, Kage Baker, Michael Moorcock, Gahan Wilson, Alan Moore, Neil Williamson, notamment.

Vandermeer poursuit une activité d’anthologiste [notamment les quatre anthologies Leviathan], d’éditeur et de critique littéraire régulier, pour des journaux comme The Washington Post ou Publisher’s Weekly. Il vit aujourd’hui à Tallahassee, en Floride.

La Cité des Saints et des fous est son premier ouvrage traduit en français [Editions Calmann-Levy / Interstices, 23 août 2006.]


BIBLIOGRAPHIE CHOISIE


Le Cycle d’Ambregris :

  • La Cité des Saints et des fous » [City of Saints and Madmen : The Book of Ambergris, 2001 - REED. AUGMENTEES, 2002 et 2004]
  • Shriek : An Afterword [2006]
  • The Zamilon File, à paraître.
  • Fragment from a Drowned City, à paraître.

ROMANS :

- Dradin In Love [1996]
- Veniss Underground [2003]

RECUEILS :

- The Book of Frog [1989]
- The Book of Lost Places [1996]
- The Day Dali Died [2003]
- Secret Life [2004]


SUR LE NET :


LES OEUVRES DE JEFF VANDERMEER SUR AMAZON.fr



Lire la critique

COMMANDER

La Cité des Saints et des Fous de Jeff VanderMeer

[City of Saints and Madmen, 2002]

La cité d’Ambregris est ailleurs, un ailleurs bien réel dont La Cité des Saints et des Fous est à la fois le guide de voyage, le précis d’histoire, le dépliant touristique, et le recueil de légendes.
Ambregris contient la poésie et l’horreur, des monstres et des calmars géants, des complots artistico-politiques, des conflits religieux. Ambregris se contient elle-même, et contient aussi son auteur et ses lecteurs.

Ambregris existe puisque Jeff VanderMeer l’a inventé.

 

Lire la critique

"Veniss Underground" de Jeff VANDERMEER

EDITIONS PAN MacMILLAN, AVRIL 2003

Veniss Underground” est sans nul doute l’une des productions SF les plus encensées de la fin de l’année passée. Si l’on se réfère aux susdites chroniques, Veniss est un récit sur l’identité, la mémoire et l’amour, dans un monde fantasmagorique à la fois grandiose et décadent. Les éloges ne manquant pas, il n’en fallait pas plus pour qu’un œil cafardeux ne tombe dessus.

 

Mr.C


NOTES

[1] Cette première novella est aujourd’hui une pièce de collection recherchée qui s’échange jusqu’à 150 $ sur internet

[2] Victime de l’originalité de son format et de son contenu, City of Saints and Madmen est d’abord paru sous la simple forme de quatre novellas en 2001. Le succès permit à Vandermeer d’obtenir une réédition augmentée en 2002, comprenant les quatre novellas revues et corrigées, et onze textes supplémentaires, de longueur très variable, dont un très court texte qui figure sur la couverture et inclus le titre du recueil et le nom de l’auteur. Enfin la parution sur le marché britannique, en 2004, s’est accompagnée de l’ajout de deux autres textes. C’est cette dernière édition que l’auteur considère comme l’édition définitive.