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Auteur discret, Jack WOMACK s’est montré relativement peu prolifique au cours de ces dernières années, malgré le succès critique de ses principaux romans. Relativement bien traduit en France où quatre de ses romans ont été publiés, cet auteur est quelque peu passé inaperçu une fois franchi le cap des années 2000, en dépit de l’excellent De l’avenir faisons table rase, publié chez Denoël en 2006.


En dehors de De l’avenir faisons table rase, qui appartient à la littérature générale, la production de Jack WOMACK est constituée d’une série de six romans appartenant au cycle Dryco, mais que l’auteur préfère qualifier de Womack’s world : un avenir qui sombre progressivement vers la violence et l’anarchie, un avenir où les multinationales font la loi grâce à des méthodes plus ou moins maffieuses.
Rien de bien nouveau pourrait-on dire, sauf que WOMACK a oublié d’être bête et donne à chacun de ses romans une touche très personnelle et résolument originale.

Dans Journal de nuit, que l’on peut considérer comme la première étape [chronologiquement] de ce basculement vers la violence et l’anarchie, l’auteur adopte le point de vue d’une adolescente ouvrant les yeux sur le monde qui l’entoure, comme s’éveillant d’une longue léthargie que l’on appellerait l’enfance. Autour d’elle la société s’écroule, la violence se déchaine et le pays sombre peu à peu dans le chaos. Ce roman fut refusé par nombre d’éditeurs américains [dérangés semble-t-il par le discours plutôt explicite de l’auteur] avant de trouver un éditeur anglais disposé à le publié.

Dans ses deux autres romans publiés en France [Terraplane et L’elvissée], Jack WOMACK fait à la fois un bond dans le futur et un petit détour par les cases uchronie et dimension parallèle. Un mélange détonnant, qui associe à la fois roman d’aventure, comédie burlesque et critique acide de la société. L’univers de Jack WOMACK est résolument original, profondément déjanté et assurément terrifiant. Autre touche très personnelle à laquelle il est difficile de trouver un équivalent, l’auteur s’efforce dans la plupart de ces romans d’employer un parler futuriste ; essayant d’imaginer de quelle manière la langue pourrait évoluer dans l’avenir. Un exercice stylistique pour le moins torturé qui rebute parfois les lecteurs et rend certainement la traduction extrêmement périlleuse. Le procédé, à défaut d’être complètement convaincant, a le mérite d’être tout à fait singulier et s’avère même, au final, assez drôle [certains dialogues en deviennent surréalistes].

Le dernier roman de Jack WOMACK, Going, going, gone, publié en 2000 aux Etats-Unis, n’a pas eu les honneurs d’une traduction en France [de même qu’Ambiant et Heathern], souhaitons que son prochain roman, intitulé Lying to Children connaisse un meilleur sort et rappelle aux éditeurs français qu’il existe outre-Atlantique un auteur à la fois drôle et cynique, subtil et intelligent, dont l’oeuvre diablement originale mériterait que l’on s’y attarde davantage.

Quant aux lecteurs français il pourront toujours trouver leur bonheur chez feu Présence du futur, qui a édité trois des principaux romans de Jack WOMACK. A noter également, qu’une nouvelle de l’auteur a été traduite dans l’anthologie La petite mort, publiée chez Albin Michel.

Jack Womack vit actuellement à New York, avec sa femme et sa fille, où il travaille pour l’éditeur HarperCollins.


BIBLIOGRAPHIE CHOISIE :


Terraplane

[Terraplane, 1988] - Présence du Futur
Quelque part dans un futur relativement proche, Luther et Jake sont deux agents américains de la Dryco chargés de kidnapper un savant soviétique sous couvert d’une mission commerciale anodine. Les deux hommes perdent le contrôle de la situation et fuient en catastrophe, poursuivis par les agents de la police politique soviétique.
Au cours de la fuite, Luther et Jake, accompagnés de l’assistante du savant russe [nommée Oktobriana], activent un appareil qui les transporte dans une dimension parallèle. Dans cette Amérique des années cinquante, l’esclavage n’a été aboli qu’au début du XXème siècle et l’Apartheid sévit dans l’intégralité des Etats-Unis, réduisant la population noire à l’état de semi-servitude. C’est dans une ville de New York coupée en deux qu’ils font la connaissance de Doc et de sa femme Wanda, un couple de quinquagénaires de couleur pour le moins débrouillards.

Premier roman de Jack WOMACK traduit en français, Terraplane est une sorte d’OLNI [Objet Livresque Non Identifié] : à la fois uchronie, critique acerbe de la société de consommation et de surveillance, farce hautement caustique, hommage au blues de Robert Johnson et à la Terraplane [voiture très populaire à la fin des années trente en raison de sa robustesse et de sa vitesse de pointe ; l’une des chansons de Robert Johnson est également une ode à cette automobile], Terraplane est un roman fourre-tout duquel émerge pourtant une énergie incroyable.
Evidemment, comme tous les univers un peu bigarrés, tout le monde n’accrochera pas à cette étrangeté littéraire, mais il convient tout de même d’y jeter un oeil afin de ne pas passer à côté du talent d’un auteur largement sous-estimé. Terraplane est également un exercice de style, une tentative de retranscrire une possible évolution du langage de manière, il faut bien l’avouer, assez malicieuse. Néologismes à gogo, expressions inventées de toute pièce, l’auteur s’en donne à coeur-joie.

L’elvissée

[Elvissey, 1992] - Présence du Futur
Retour dans l’univers de Terraplane dans un roman en tous points semblable. WOMACK inverse cependant quelque peu son concept puisque cette fois l’essentiel de l’histoire se déroule dans l’Amérique du XXIème siècle, ne nous entraînant dans l’univers parallèle des années cinquante que le temps de kidnapper cette fois rien moins que le double d’Elvis Presley.
La Dryco, cette multinationale surpuissante dont le pouvoir dépasse celui du gouvernement [et de loin] a dépêché deux de ses agents, John et Isabel, afin de convaincre le double du King de les accompagner dans l’Amérique du XXIème siècle, où des hordes de fidèles [et non pas de fans, puisque désormais ces derniers se sont regroupés au sein de l’Eglise d’Elvis] l’attendent impatiemment. Isabel et John, qui dans la vraie vie sont mari et femme, n’ont que deux petits soucis : ils sont noirs, et dans l’univers parallèle l’Apartheid sévit toujours, et à leur arrivée à Memphis ils s’aperçoivent que le King n’est qu’un pauvre type à côté de ses pompes, qui ne chante pas du rock n’roll, mais du blues du delta. De plus, notre King alternatif est dans une merde noire puisqu’il vient de loger deux balles dans le buffet de sa pauvre maman. On a vue mieux pour débuter une carrière d’idole interplanétaire.

Toujours aussi malicieux, voire parfois facétieux, WOMACK se plait à multiplier les références à la musique et à l’histoire, tordant selon son bon plaisir le cours des événements afin de coller au mieux à son univers quelque peu déjanté. Pas vraiment uchronique, son univers double est glaçant sur ses deux faces. A une Amérique futuriste et dominée par un capitalisme outrancier aux méthodes maffieuses et autoritaires, il présente un contrepoint tout aussi désespérant, une Amérique raciste et réactionnaire dans laquelle il ne fait pas bon être trop bronzé. L’association décalée de ces deux facettes est pour le moins effrayante. Entre la peste et le choléra, choisis mon ami, ou tire toi une balle en pleine tête pour mettre fin à ce cruel dilemme. WOMACK réussit pourtant à accoucher d’un roman assez ludique, voire parfois franchement amusant, auquel il manque que ce petit supplément d’âme qui faisait de Terraplane une oeuvre aussi attachante.
Certains personnages secondaires manquent un tantinet d’épaisseur, ce qui ne serait pas bien grave si John n’était lui-même atteint du même syndrome. A noter également, que tout comme dans Terraplane, WOMACK use et abuse de ce langage futuriste qu’il a inventé ; une langue au phrasé un peu particulier puisque nombre de substantifs et d’adjectifs sont déclinés comme des verbes [le traducteur a dû s’amuser]. Génant durant les trente premières pages, le procédé finit par passer inaperçu une fois que le lecteur est imergé dans cette histoire menée à un train d’enfer.

De l’avenir faisons table rase

[1996] - Denoël, 2006
Cette note de lecture a été rédigée par Patrick Imbert et initialement publiée dans le numéro 43 de la revue Bifrost. [cop. Bifrost] Impeccablement traduit par Michèle Charrier [et le mot est faible], De l’avenir faisons table rase fait partie de ces romans poing-dans-la-gueule dont Jack WOMACK a le secret. L’auteur y fait preuve d’une acuité aussi douloureuse que réaliste et nous offre une histoire à mettre en parallèle avec le déjà très inquiétant Journal de nuit, publié en PdF.
Loin des USA à tendances fascisantes, De l’avenir faisons table rase est une plongée hallucinante [mais pas hallucinée, bien au contraire] dans ce qu’il est convenu d’appeler le chaos post-soviétique. Pas très éloigné du satirique La flèche jaune de Viktor PELEVINE [en Denoël et d’ailleurs, ah tiens], le texte de WOMACK n’a pourtant rien d’un roman swiftien. Ici, on saigne, on dégueule, on crève, on picole, on tue. Et on le fait salement.

Ecrit en 1996 en pleine période Boris Ieltsine, l’histoire pourrait se résumer à une cuite et à l’inévitable gueule de bois subséquente. Une descente aux enfers qui ressemble à la Russie en général et qui achève de montrer que le monde s’est déjà écroulé.

Evidemment drôle, évidemment délirant, De l’avenir faisons table rase est par-dessus tout terrifiant. Situations ubuesques, horreur maîtrisée [et d’autant plus inquiétante], terreur banale et quotidienne, la vision moscovite de WOMACK est à tomber par terre. Un livre qui a tendance à calmer tout net son lecteur, mais qui ne sort pas non plus des codes du “roman noir” le plus classique. Ici, c’est surtout la forme qui décoiffe et qui fait oublier un fond finalement assez prévisible. Mais ne boudons pas notre plaisir. De l’avenir faisons table rase est un livre tout simplement épatant. De quoi donner des idées quant à l’éventuelle réédition des oeuvres les plus marquantes de WOMACK. Qu’attend-on ?

Journal de nuit

[Random acts of senseless violence, 1993]
Cf. critique plus bas.

ROMANS NON TRADUITS :

  • Ambiant [1987]
  • Heathern [1990]
  • Going, going, gone [2000]


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« Journal de Nuit » de Jack WOMACK

New-York, en 20 ??. Les Etats-Unis d’Amérique sont en proie à une grave crise politico-économique. Nous allons suivre, le temps de quelques mois, le quotidien de la jeune Lola à travers son journal intime [évidemment] prénommé Anne.

 

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