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A l’occasion de la parution prochaine de son nouveau roman, "La mélancolie des immortels" , interview d’un des enfants terribles du cyberpunk, Walter Jon WILLIAMS. [FEV.2004]


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Walter Jon WILLIAMS

- Le Cafard cosmique : Comment résumer votre nouveau roman, « La mélancolie des immortels » [en V.O., « The Praxis »] qui paraît chez Flammarion / Imagines ce mois-ci ?

- Walter Jon WILLIAMS : C’est en quelque sorte comme « Guerre et Paix ». Cela parle de conflit, de la famille, d’aventure, de la guerre, de politique, d’amour, de haine, de désespoir, de crime et châtiment et de la relation père-fils. J’ai conçu cette série comme une longue histoire en plusieurs volumes. Du fait que l’éditeur américain voulait une trilogie, je vais raconter une histoire complète en trois volumes, mais il y aura une opportunité pour encore plus de livres avec le temps.

- CC : Depuis quand avez-vous la fibre de l’écriture ?

- WJW : Depuis toujours. Même avant de savoir écrire, je dictais des histoires à mes parents qui les écrivaient pour moi. J’ai initialement essayé d’écrire un peu de tout - fiction historique, thrillers, ... et de la science fiction. C’est la science-fiction qui s’est vendu. J’ai apparemment plus de sensibilité dans ce domaine. J’essaye toujours de nouvelles choses, comme tous les décadents, je m’efforce d’éviter l’ennui. Ecrire toujours la même chose reviendrait à créer l’ennui, donc j’essaye de me donner de nouveaux challenges, à la fois dans mon travail d’écriture et dans ma vie. Mais les éditeurs me demandent toujours plus de SF. Ils auraient sans doute été très content si je m’étais contenté d’écrire « Câblé » à plusieurs reprises. Heureusement, mes lecteurs sont fidèles et me suivent à travers tous ces changements.

- CC : Quelles ont été vos plus grandes influences dans la science fiction et en littérature générale ?

- WJW : Il y en a presque trop à lister. J’ai grandi pendant l’age d’or de la SF [les années 60], mes influences sont donc des gens comme DELANY, LE GUIN, ZELAZNY et DISCH. Le dernier livre que j’ai lu était « The Mount » de Caroll EMSHWILLER, un roman de SF non conventionnel à la mode Kafka. En dehors de la SF, j’admire énormément les très grands autocrates tel que PYNCHON et NABOKOV.

- CC : Vous avez écrit de très nombreuses nouvelles, qu’est-ce qui vous attire dans ce format ?

- WJW : Les nouvelles ont une longueur très satisfaisantes en SF. A cette taille, un écrivain peut introduire une nouvelle idée, l’explorer de façon minutieuse et créer des personnages convaincants. Je pense que mon meilleur travail est probablement de la taille d’une novella.[cf. NOTE] Mais tant que je suis excité par une idée, la longueur importe peu.

- CC : Après bientôt 20 ans, quel regard portez-vous sur le Cyberpunk ?

- WJW : Je pense que le Cyberpunk a évolué. Je n’ai jamais pensé que le Cyberpunk était simplement un moyen de véhiculer le modèle dystopique, mais au contraire une façon de penser le futur, un futur qui serait dynamique, multiculturel, utilisant la technologie de façon inattendue et saturé par les medias. Toute la SF de nos jours est soit du Cyberpunk, soit cherche à s’en démarquer.

- CC : Il y a de nombreux hommages à « Nova » - le roman de Samuel R. Delany - dans « Câblé ». Avez-vous caché d’autres hommages dans vos autres romans ?

- WJW : Oui, principalement dans mes premiers livres. Les critiques remarquaient les hommages et avait tendance à supposer que lorsque je faisais référence à un auteur je ne faisais que l’imiter au lieu d’y voir un hommage admiratif, donc j’ai arrêté.

- CC : Peut-on considérer « Câblé », « Solip:System » et « Le souffle du cyclone », comme une trilogie ?

- WJW : J’ai écris « Câblé » comme un roman autonome. J’avais l’intention d’en faire de même pour « le souffle du cyclone », mais mon éditeur m’a convaincu qu’il se vendrait mieux s’il pouvait être présenté comme la suite de « Câblé ». J’ai donc fais quelques modifications mineures pour qu’il puisse être « Câblé, 100 ans après ». « Solip:System » est venu après quand j’ai commencé à me demander comment le monde de « Câblé » allait devenir celui du « Souffle du cyclone ».

- CC : Câblé est également un jeu de rôle - du nom de Cyberpunk. Comment passe-t-on de l’écriture d’un livre à la création d’un jeu de rôle ? Etes-vous un joueur ?

- WJW : Je suis un roliste, oui. J’ai tendance à construire des jeux autour de toutes mes idées qui n’ont aucune chance de finir en roman. Le jeu Hardwired a été crée suite à une requête de l’éditeur ["Talsorian Game"]. Il était content de traiter avec un auteur qui comprenne le milieu du jeu de rôle, et pour ma part j’étais content de travailler sur le jeu et de pouvoir m’assurer qu’il serait fait correctement du premier coup.

- CC : On sait peu, en France, que « Plasma » et « La guerre du Plasma » sont les deux premiers volumes d’une trilogie. C’est la raison pour laquelle les critiques étaient partagés. Il reste, en effet, toujours quelques points à explorer à la fin du deuxième livre. Quand peut-on espérer lire le dernier volet ?

- WJW : Quand j’ai commencé à écrire la série des « Plasma », je pensais que cela ne ferais qu’un seul livre. Mais le premier roman ne prenait en compte que le premier paragraphe ou presque de mon esquisse, j’ai donc poursuivi avec le second volume. Cela m’a conduit jusqu’à la moitié de mon histoire, mais mon éditeur a été viré avant que je puisse aller plus loin. J’aimerais vraiment pouvoir continuer, d’autant plus que cette série est à mon sens mon meilleur travail, mais je suis actuellement payé pour écrire d’autres choses. Quand j’aurai du temps libre, ou quand je pourrai revendre la série complète, j’écrirais le troisième livre. Je VAIS écrire ce livre. J’ai promis à trop de gens que je le ferais. Je ne sais tout simplement pas quand...

- CC : Avec ces deux livres vous avez complètement réinventé le monde de la Fantasy. Pouvez vous nous dire pourquoi ce processus de réinvention a été nécessaire ?

- WJW : La Fantasy a été inventé par des écrivains audacieux, excentriques et originaux tels que Lord DUNSANY, E.R. EDDISON, JRR TOLKIEN, Mervyn PEAKE et James Branch CABELL. La force de leur vision originale est toujours présente lorsque l’on relit leurs écrits. Depuis, la Fantasy est devenue un genre à part entière, et l’audace, que j’admirais dans le travail des fondateurs du genre, s’est émoussée. Aux Etats-Unis, certains des écrivains de Fantasy les plus originaux ont été en quelques sorte marginalisés car ils n’écrivaient pas des quest Fantasy [sur le modèle du « Seigneur des Anneaux »]

Avec la série des « Plasma », je voulais simplement écrire quelque chose que personne n’avait fait auparavant. [Et vous savez quoi ? C’est DIFFICILE. A la fin du second livre j’étais épuisé.] Quand j’écrivais ces livres, j’utilisais l’acronyme TUF, pour Totally Urban Fantasy. Dans la plupart des Fantasy Urbaines, les éléments de Fantasy sont les traditionnels énergumènes de la Fantasy nord européenne transposés dans un environnement contemporain - des elfes punk rock par exemple. Dans « Plasma », je voulais que la Fantasy soit elle même un produit de l’environnement urbain.

Ceci dit, avec le succès des films de Peter JACKSON, je suis sûr que les quest Fantasy seront avec nous pour encore très longtemps. Comprenez que je n’ai rien contre les quest Fantasy, j’aimerais seulement que les autres formes de Fantasy soient également reconnues.


Questionnaire de Bernard Pivot

Ces 10 questions proviennent de l’émission "Bouillon de Culture" de Bernard Pivot. Elles sont probablement plus familières pour vous, comme étant les questions que pose James Lipton à la fin de son émission "Inside the Actor’s Studio."

1- Quel est votre mot préféré ?

Matutolypea. [L’état de mal être de celui qui se lève du mauvais pied.]

2- Quel est le mot que vous détestez ?

Eldritch. [adjectif anglais, synonyme de bizarre, étranger, venu d’ailleurs...]

3 - Qu’est ce qui vous stimule, créativement, spirituellement ou émotionnellement ?

Etre entouré de personne créatives, spirituelles et sensibles.

4 - Qu’est ce qui vous dégoûte ?

Regarder une page blanche pendant des heures.

5 - Quel est votre juron préféré ?

"Shit and onions !" [Merde et Oignons !]

6 - Quel son ou bruit aimez-vous ?

Le bruit de l’eau en haute mer.

7 - Quel son ou bruit détestez-vous ?

Celui des mobylettes

8 - Quelle profession, autre que la vôtre, auriez-vous aimé pratiquer ?

Plongeur archéologue.

9 - Quelle profession ne feriez-vous jamais ?

Empereur Galactique

10 - Si le paradis existe, que voudriez-vous que Dieu vous dise lors de votre arrivée aux portes ?

"Ce n’est pas encore ton heure - retourne d’où tu viens et écris encore quelques livres !"


A LIRE AUSSI :

> La fiche bio / biblio de WILLIAMS Walter Jon [et d'autres critiques]

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