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Première publication le 15/03/2009
Publié le 14/11/2010

World War Z de Max Brooks

REED. LIVRE DE POCHE, NOV. 2010
ED. CALMANN-LEVY / INTERSTICES, MARS 2009

Par W(illiam Guyard)

Fils de, Max Brooks débarque en France et dans la littérature avec deux ouvrages consacrés aux zombies. Il traite ainsi une figure bien connue qui bénéficie d’un engouement important. En témoignent les récents films, livres ou essais l’ayant abordé.
Accompagné à sa sortie du plus ancien et anecdotique [mais fort bien réalisé] Guide de survie en territoire zombie, World War Z surprend. Dans le bon sens du terme.


La Guerre des Zombies a bien eu lieu. Dix ans de conflit suivis d’une longue reconstruction. L’humanité a remportée la victoire. Mais à quel prix ?
C’est pour répondre à cette question que le narrateur écrit ce livre, version longue du rapport établi pour l’ONU. Des premiers symptômes à la victoire — si elle a jamais eu lieu — en passant par toutes les grandes phases stratégiques, il nous décrit cette guerre terrible, esquissant au passage traumas et conséquences pour notre civilisation.

Si le sujet — l’invasion zombie — tourne généralement à la farce gore, c’est avec réalisme et un certain sens de la tragédie que Max Brooks choisit de le traiter. Pour donner émotion et crédibilité à son propos, il donne à son roman la forme d’un recueil d’entretiens. Civils, militaires, dirigeants politiques ou autres relatent leurs expériences et leur ressenti — et cette construction apporte une grande dynamique au livre.
Du premier médecin à rencontrer un cas de zombie au vétéran de la campagne américaine, en passant par un otaku japonais, plusieurs dizaines de témoins s’expriment dans des interviews de quelques pages.

On l’a dit, World War Z n’est pas le simple divertissement attendu. Le récit des horreurs du conflit rend la lecture proprement bouleversante. Les témoins racontent leurs traumatismes sans détours : perte des proches, déracinement, dépression, schizophrénie, syndrome de la guerre de Corée... Au-delà, c’est toute la société, profondément meurtrie, qui est à rebâtir.
Ces aspects sont abordés directement par les personnages, et par les courts paragraphes de présentation figurant en tête de chaque témoignage. En bref, si vous pensez que « poutrer du zombie » est marrant, essayez de vous-y coller pendant plus d’une dizaine d’heures...

Roman total, World War Z ne néglige aucun aspect de la guerre. Les fronts, la vie des civils, les mouvements de population, l’organisation politique et économique, rien n’est laissé au hasard. Et si la majorité des témoins sont américains, l’auteur du rapport a effectué le tour du monde ; il nous emmène sur tous les continents, à la découverte de la grande et de la petite histoire de cette guerre.

Poussant la logique jusqu’au bout, l’auteur bâtit son récit avec précision, du patient zéro au conflit généralisé... Seule la science est laissée à l’écart : le roman fait l’impasse sur la nature médicale des zombies, évitant l’écueil classique du genre. L’existence de la maladie acceptée, l’histoire se déroule naturellement, offrant au tout une crédibilité satisfaisante pour le plus exigeant des lecteurs de science-fiction, et ce à tous les niveaux : mode de propagation de l’épidémie, stratégie adoptée par les pays, géopolitique (l’utilisation de la force nucléaire, en particulier), comportement des zombies face aux éléments...
Max Brooks fait en outre preuve d’une inventivité exceptionnelle (et, n’en doutons pas, d’une excellente connaissance du genre). Le lecteur dérive de surprise en surprise, étonné par l’évidence de la solution proposée par l’auteur...


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Inattendu, bien fichu, convaincant, World War Z s’affirme comme un grand livre.
Drôle, émouvant, inventif, ce texte marque durablement son lecteur et prend sa place parmi les lectures incontournables de l’année 2009, comme le prouve l’excellent bouche à oreille dont il bénéficie déjà.