Publié le 05/04/2009

La maison aux fenêtres de papier de Thomas Day

ED. GALLIMARD / FOLIO SF, FEV. 2009

Par paul muad’dib

Thomas Day dont la passion pour l’Asie a souvent nourri l’oeuvre, de La voie du sabre en 2002, à La cité des crânes, notamment, explore un Japon fantasmatique avec La maison aux fenêtres de papier, entre Yakuzas, démons anciens et légende contemporaine.


La maison aux fenêtres de papier se déroule au sein des deux plus grandes organisations Yakuzas qui dirigent d’une main de fer le Japon depuis plus de soixante ans. A leur tête, deux chefs impitoyables que tout oppose : Hiroshima Oni et Nagasaki Oni, deux démons qui sont aussi deux frères, l’un noir comme les ténèbres et l’autre blanc comme l’ivoire. Ils sont nés tous deux au centre des cratères laissés par les bombes atomiques lancées contre le Japon en 1945.

L’un et l’autre exercent leur pouvoir sur le monde aux travers des deux puissantes organisations de Yakuzas qu’ils ont crées et qu’ils dirigent par la violence et la terreur.

Cet équilibre dual est perturbé lorsque Nagasaki Oni offre à sa créature, la belle Sadako, un être mi-femme mi-panthère, un cadeau qui changera la face de leur monde : l’Oni No Shi, l’épée tueuse de démon. Un cadeau qui n’est pas anodin puisque Sadako doit ensuite affronter Nagasaki Oni dans un duel à mort pour lui succéder à la tête l’organisation.

Il convient d’avoir un certain nombre de références pour apprécier complètement La maison aux fenêtres de papier, un roman qui est parfois choquant, souvent violent et même un peu dérangeant, à l’image de certains mangas japonais et de certains films de genre. La parenté avec des films comme Old boy ou la parodique Kill Bill et ses jets de sang qui tâchent l’écran, est évidente, volontaire, et assumée.

A la manière des méta-barons de, Boss Nagasaki éduque sa créature Sadako qui est tout à la fois son amante, sa pute et son objet. L’apprentissage commence pour elle, lorsqu’elle est à peine agée de sept ans, par un viol suivi de brimades et d’humiliations douloureuses. Un chemin de croix pourtant nécessaire pour que finalement elle triomphe.
La belle Sadako découvre le milieu des Yakuzas, ses rituels et sa violence. Ignorante, elle arrive à la tête d’une organisation réputée pour son machisme et son sens extrême de l’honneur et de la hiérarchie. Ignorante, elle découvre le monde extérieur, qu’elle n’a jamais cotoyé, elle qui vécut enfermée des années durant.
Sadako suit le chemin de la vengeance jusqu’au démon Hiroshima Oni. Cette vengeance est aussi le fil conducteur de l’histoire d’Oni No Shi, l’épée tueuse de démons, dont le prologue, a conté une part de la légende.


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Les premières pages peuvent sembler difficiles avant de pénétrer complètement dans le récit ; la suite n’est que du bonheur. Comme on l’a dit plus haut, le lecteur peu habitué à cet aspect de la culture nippone aura peut être un peu de mal à accepter une violence graphique mais très charnelle. Mais Thomas Day sait se servir de sa plume et il le prouve avec ce roman fluide et inspiré.