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Première publication le 02/04/2005
Publié le 02/05/2009

Le monde tous droits réservés de Claude Ecken

[1ERE ED. LE BELIAL’ / ORION, MARS 2005]

REED. POCKET /SF, MAI 2009

Par Mr.C

Dix petites merveilles composent ce recueil.
Claude Ecken a un don, celui de la prospective. Il pousse ces sujets d’étude [les medias, le génie génétique, l’exclusion, l’immortalité, le clonage...] à l’extrême pour voir où cela mène. Et il agrémente le tout avec des histoires fortes, des personnages attachants et une certaine touche de poésie.


Deux choses frappent d’emblée, une fois le recueil clos : 1 - La diversité des thèmes. On navigue en effet de la hard-science [physique quantique], façon Greg Egan à l’anticipation rehaussée d’un zest de polar, en passant par Sturgeon ou Clarke. 2 - La qualité. Il faut en effet le dire d’emblée : voici le premier candidat de poids pour le prochain prix du Cafard ! En effet, peu d’auteurs sont capables de marier avec une telle perfection la physique quantique, la théorie des cordes avec des interrogations pertinentes et angoissantes.

AU SOMMAIRE DU RECUEIL :

- "Le monde, tous droits réservés" : Quand l’information s’achète comme toute autre marchandise, laissant place à une dérive absurde. Claude Ecken nous interroge sur le devenir de la description de la réalité - et, par la même, la réalité de la réalité - lorsque la finance organise et structure l’information, lorsque la finance transforme l’information en spectacle, en communication, en produit d’appel pour la publicité. La science-fiction, au service du questionnement du présent, prend, sous la plume de l’auteur, toute sa valeur. Un texte à mettre au programme des écoles de journalisme. Question d’éthique.

- "Membres à part entière" : L’humanité est privée de l’usage de ses membres inférieurs. Les derniers Debouts sont relégués a des taches subalternes...

- "Edgard Lomb, une rétrospective" : Edgar Lomb est l’homme par qui le voyage interstellaire est désormais possible...

- "L’unique" : Nouvelle inédite du recueil, "L’unique" nous dépeind une société angoissante, où la génétique a permis de stériliser l’humanité pour assurer la reproduction à partir d’ADN soigneusement sélectionnés. Il n’existe donc que peu de types humains différents, et tout est programmé d’entrée : vous serez juge ou médecin selon votre ADN. Réflexion glaçante sur une société strictement utilitariste, où l’individu n’est qu’un simple rouage, agissant pour la prospérité et la croissance. Mais en même temps, quelle superbe société : plus de malade, plus de chômage, plus de laideur. A mi-chemin de la dystopie de Aldous Huxley et le différent de Theodore Sturgeon, ce texte est tout simplement superbe, et justifie à lui seul l’achat du recueil.

- "Les déracinés" : L’ère de la phytobiologie est arrivée !

- "Esprit d’équipe" : Avoir des clones pour effectuer vos basses besognes c’est bien pratique...

- "Fantômes d’univers défunts" : Imaginez une bande d’amis, férus d’astrophysique, de cosmologie et de mécanique quantique, qui se rencontrent régulièrement pour évoquer la science. Certes, la fiction d’une bande d’amis parlant de science ne suffit pas à faire de la SF. Du moins le croirez-vous... au début. Car petit à petit, tout se dévoile. Maestria d’une hard-science avec de véritables personnages, complexes et profondément humains dans leurs contradictions entre attachements personnels et objectifs à atteindre. Un texte sur l’amitié et les relations humaines qui dérive rapidement sur de la Hard-Science grandiose.

- "La bête du recommencement" : Imaginez un animal qui vous permette de recommencer votre vie.

- "Eclats lumineux du disque d’accrétion" : Les désœuvrés ne sont plus laissés à l’abandon... mais la cité n’est qu’un ghetto édifié pour ne pas déranger les villes et leurs travailleurs... [PRIX ROSNY AINE 2004]

- "La dernière mort d’Alexis Wiejack" : Le suicide est interdit par la loi. Et attention à vous si vous récidivez trois fois.

- "En sa tour, Annabelle" : L’amour d’un jeune homme pour sa sœur folle.

- "La fin du Big Bang" : Un jeune étudiant en astrophysique est ballotté d’un univers parallèle à un autre. Une immersion dans le monde quantique, dans les questions philosophiques soulevées par la théorie. Que serait la vie de personnes changeant régulièrement de mondes, passagers d’un continuum en perpétuelle fluctuation quantique ? Certainement de pauvres observateurs englués dans l’interprétation de Copenhague, désespérés de ne pouvoir s’ancrer dans une réalité définitive et handicapés d’une mémoire encombrée de souvenirs irréels . [PRIX ROSNY AINE 2001]


Merci à Olivier et ARN pour leur apport à cette critique.


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Seuls "Les déracinés" et "Esprit d’équipe" sont un ton en dessous. La première parce que la phytobiologie n’est guère convaincante. La deuxième aurait sans doute mérité d’être approfondie. Et puis, elle souffre de la comparaison avec l’excellent "Le peuple d’argile" de David Brin.

Mais je vous met au défi de ne pas tomber sous le charme de "En sa tour, Annabelle", de ne pas être envoûté par "Fantômes d’univers défunts" ou encore de ne pas être hanté des jours durant par "Edgard Lomb une rétrospective", "Eclats lumineux du disque d’accrétion", "La fin du Big Bang" et "La dernière mort d’Alexis Wiejack".

En conclusion, jetez-vous sur le recueil. Les questions que vous vous poserez seront bénéfiques pour l’avenir de la société humaine. N’est-ce pas là le rôle que nous pouvons attribuer à la science-fiction ?