Jeoseungsaja

Inscrit le: 09 Avr 2009 Messages: 1182 Localisation: Est-Reykjavik-Obscur
|
PostÈ le: Mar Mar 02, 2010 6:32 pm Sujet du message: The Kovak Box |
|
|
Assez peu connu, même dans le cercle des amateurs de SF, "The Kovak Box" est un film de Daniel Monzón et traite d'une sorte de spirale infernale Lynchienne en chaleur, saupoudrée d'éléments épars de science fiction inoriginale.
On suit l'histoire romanesque d'un écrivain de Science Fiction à succès, David Norton, vivant une idylle aussi bien financière (ses bouquins marchent très bien, ce qui est toujours un peu étonnant) qu'amoureuse (il sort avec une jolie fille sans personnalité apparente).
Toutefois, voila qu'arrive une étrange rupture épistémologique qui va bouleverser le quotidien bien cadré de ce bon romancier. En effet, après avoir poliement envoyé chier un de ses fans septuagénaire, il découvre avec effroi que sa jolie damoiselle inutile s'est jetée du balcon de l'hôtel. Tout à coup, des suicides en série viennent ponctuer son existence.
Norton se retrouve alors piégé dans le mécanisme fou du professeur Kovak, amateur de son premier roman, et bien décidé de lui faire comprendre que, hein, écrire pour le public et l'argent, c'est mal.
Sur cette note qui éveille un tantinet l'intérêt, "The Kovak Box" s'érige comme un film à suspens qui aurait pu interpeler, voire même marquer. Mais c'est bien mal connaître le nombre incommensurable d'erreurs dramatiques qui ponctuent l'ensemble de l'œuvre, jusqu'à complètement la plomber dans une sorte de soufflé martelé au poing.
Pas grand chose à en tirer, une intrigue devinée dés les premières minutes du film, des rapports avec la SF qui la dénigrent bien plus qu'ils la rendent intéressante. On est parfois même interloqué par l'amateurisme de certaines scènes, qui semblent à la fois extraites maladroitement de références obscures comme la Neuvième Porte, ou James Bond (?). Le décor de l'île de Majorque n'aide en rien à l'immersion dans le thriller, au contraire, elle apporte un aspect "enquêtes-au-club-med" qui fait un peu froid dans le dos.
N'oublions pas non plus la morale douteuse et fine, tellement fine qu'elle menace de céder sous les abbérations d'écriture, rajoutez à cela des acteurs amenés à faire n'importe quoi dans n'importe quelles situations (on se demande même si, après visionnage, le début et la fin appartiennent au même film), les changements de ton, d'ambiance, de degrés d'émotions s'effectuent toutes les scènes, si bien que l'on se retrouve par ne plus savoir vraiment s'il faut rire ou pleurer.
Bref, malgré les excellentes critiques qui ont été émises à son sujet, il est vraiment difficile de soutirer quelques bons points de ce film à petit budget, oubliable dans tous les sens du terme. L'ambiance générale est plutôt bien fournie, on apprécie le manque d'action primaire qui aurait rendu le tout aussi irréaliste que déplorable. Mention spéciale pour le vieux méchant Kovak, docteur fou expatrié dont les pensées absconses semblent aussi insondables que l'esprit des scénaristes. _________________ Argumentum ad nauseam |
|